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	<title>La mine d&#039;or de Beaujarret</title>
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	<description>Lorsque je surfe sur le Net, je remets en ligne les articles qui m&#039;ont intéressés, sans oublier de faire figurer la source car je pense que ces articles ont le mérite d&#039;être plus facilement trouvés en étant dupliqués, je ne m&#039;en approprie aucun.Je fais aussi ce travail pour que les curieux en tous genres partagent mes passions et je remercie les auteurs d&#039;accepter cette modeste publicité ; je n&#039;en tire aucun profit si ce n&#039;est la joie de partager la passion d&#039;apprendre.Si vous estimez qu&#039;un article ou une image vous appartient absolument et que vous ne voulez pas en faire profiter d&#039;autres, laissez-moi un commentaire en ce sens et je m&#039;empresserai de vous satisfaire en mettant l&#039;article hors ligne.</description>
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		<title>La mine d&#8217;or de Beaujarret</title>
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		<pubDate>Tue, 23 Oct 2012 14:46:31 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsque je surfe sur le Net, je remets en ligne les articles qui m&rsquo;ont intéressés, sans oublier de faire figurer la source ; je pense que ces articles ont le mérite d&rsquo;être plus facilement trouvés en étant dupliqués ; je ne m&rsquo;en approprie aucun.<br />
Je fais aussi ce travail pour que les curieux en tous genres partagent mes passions et je remercie les auteurs d&rsquo;accepter cette modeste publicité ; je n&rsquo;en tire aucun profit si ce n&rsquo;est la joie de partager la passion d&rsquo;apprendre.<br />
Si vous estimez qu&rsquo;un article ou une image vous appartient absolument et que vous ne voulez pas en faire profiter d&rsquo;autres, laissez-moi un commentaire en ce sens et je m&rsquo;empresserai de vous satisfaire en mettant l&rsquo;article hors ligne.</p>
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		<title>Les invasions barbares au Ve siècle</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Sep 2012 15:59:00 +0000</pubDate>
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		<title>Biographie de Jacques de Molay</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 16:08:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Jacques de Molay, n&#233; entre 1240 &#224; 1250, fut le 23e et dernier ma&#238;tre de l&#39;ordre du Temple. Il s&#39;est distingu&#233; par sa valeur au combat en Terre sainte avant d&#39;acc&#233;der &#224; la t&#234;te de l&#39;ordre mais, une fois en France, il se montra pi&#232;tre politique face &#224; Philippe IV le Bel, Guillaume de Nogaret [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">
	<font size="1"><strong><em>Jacques de Molay, n&eacute; entre 1240 &agrave; 1250, fut le 23e et dernier <span id="more-3312"></span>ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple. </em></strong></p>
<p>	Il s&#39;est distingu&eacute; par sa valeur au combat en Terre sainte avant d&#39;acc&eacute;der &agrave; la t&ecirc;te de l&#39;ordre mais, une fois en France, il se montra pi&egrave;tre politique face &agrave; Philippe IV le Bel, Guillaume de Nogaret et Enguerrand de Marigny, et il ne put emp&ecirc;cher la chute de son ordre. Son nom est un des plus connus parmi les Templiers (avec le fondateur de l&#39;ordre Hugues de Payns), bien que l&#39;on ne dispose que de peu d&#39;informations sur les deux premiers tiers de sa vie. </p>
<p>	Lors de son &eacute;lection, qui eut lieu avant le 20 avril 1292, Jacques de Molay promit de r&eacute;former l&#39;ordre et de l&#39;adapter &agrave; la situation pr&eacute;valant d&eacute;sormais en Terre sainte. L&#39;ordre traversait en effet une grave crise d&#39;identit&eacute; provoqu&eacute;e par la disparition des &eacute;tats latins d&#39;Orient cons&eacute;cutive &agrave; la chute en mai 1291 de Saint-Jean-d&#39;Acre : cr&eacute;&eacute; au d&eacute;part pour assurer la protection des p&egrave;lerins, l&#39;ordre du Temple avait rapidement &eacute;t&eacute; amen&eacute; &agrave; participer &agrave; la d&eacute;fense des &eacute;tats latins d&#39;Orient, dont la survie &eacute;tait per&ccedil;ue comme la meilleure des protections pour les p&egrave;lerinages. Deux d&eacute;cennies plus tard, Jacques de Molay ne r&eacute;ussit pas &agrave; sortir vainqueur de la proc&eacute;dure inquisitoriale lanc&eacute;e contre l&#39;ordre. Il mourut le 11 mars ou 18 mars 1314 sur un b&ucirc;cher dress&eacute; sur l&#39;&Icirc;le de la Cit&eacute; &agrave; Paris. L&#39;ex&eacute;cution fut mise en &oelig;uvre par le roi de France Philippe le Bel, apr&egrave;s que l&#39;&Eacute;glise eut remis Jacques de Molay au bras s&eacute;culier car le templier &eacute;tait revenu sur ses aveux (ainsi que Geoffroy de Charnay), ce qui faisait de lui un relaps. </p>
<p>	<strong>La jeunesse <br />
	</strong><br />
	Blason de Jacques de Molay Il est aujourd&#39;hui commun&eacute;ment admis que le lieu de naissance du dernier ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple se situe &agrave; Molay en Haute-Sa&ocirc;ne, dans l&#39;actuel canton de Vitrey-sur-Mance, &agrave; la limite de la Haute- Marne, en Franche-Comt&eacute;. Son lieu de naissance donna lieu &agrave; pol&eacute;mique car il y a un autre village d&eacute;nomm&eacute; Molay en Franche-Comt&eacute; mais dans le Jura. La famille De Molay, du village de Molay en Haute-Sa&ocirc;ne, &eacute;tait semble-t&#39;il de petite noblesse, le Seigneur de Molay &eacute;tant vassal du Seigneur de La Rochelle, un village voisin distant de 2 kilom&egrave;tres. C&#39;est &agrave; cause de cette modeste descendance que le doute s&#39;installa au XIXe si&egrave;cle. Le principal indice d&#39;une naissance de Jacques de Molay &agrave; Molay en Haute-Sa&ocirc;ne r&eacute;side dans le t&eacute;moignage de Jacobus de Rupella (Jacques de La Rochelle), parrain de l&#39;accus&eacute;, lors de son proc&egrave;s. </p>
<p>	La date exacte de sa naissance reste inconnue, mais Jacques de Molay expliqua aux juges qui l&#39;interrogeaient &agrave; Paris le 24 octobre 1307 qu&#39;il avait rejoint les templiers 42 ans plus t&ocirc;t. Sachant que l&#39;&acirc;ge minimum pour entrer &agrave; l&#39;ordre du Temple &eacute;tait de seize ans, soit l&#39;&acirc;ge de la majorit&eacute; pour un gar&ccedil;on au Moyen &Acirc;ge, on peut en d&eacute;duire qu&#39;il devait &ecirc;tre n&eacute; aux alentours de 1244 ou 1245. Plusieurs documents historiques indiquant cependant que de jeunes hommes de moins de vingt ans avaient &eacute;t&eacute; accept&eacute;s dans l&#39;ordre, il faut rester prudent sur cette datation. Quoi qu&#39;il en soit, interrog&eacute; sur le m&ecirc;me sujet quelques mois plus tard, en ao&ucirc;t 1308 par les envoy&eacute;s du pape &agrave; Chinon <a href="http://1" target="_blank">1</a>, Jacques de Molay r&eacute;p&eacute;ta qu&#39;il avait &eacute;t&eacute; admis 42 ans auparavant, soit en 1266. </p>
<p>	<strong>R&eacute;ception dans l&#39;ordre du Temple</strong> </p>
<p>	Apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; prieur &agrave; Salins-les-Bains, il fut re&ccedil;u dans l&#39;ordre en 1265 en la commanderie de Beaune par Humbert de Pairaud, qui occupait le poste de Visiteur de France et d&#39;Angleterre. A cette occasion, Amaury de La Roche, ma&icirc;tre en France et ami du roi de France Louis IX, &eacute;tait pr&eacute;sent. Ind&eacute;pendamment de Guillaume de Beaujeu, qui fut &eacute;lu ma&icirc;tre de l&#39;ordre en 1273, Jacques de Molay se rendit en Orient aux environs de 1270. Il passa de longues ann&eacute;es en Outremer, mais on sait qu&#39;il &eacute;tait en France en 1285. On ne conna&icirc;t pas les postes qu&#39;il aurait occup&eacute;, ni en France ni en Orient, ou s&#39;il &eacute;tait pr&eacute;sent au moment de la chute de Saint-Jean-d&#39;Acre, la derni&egrave;re forteresse crois&eacute;e tomb&eacute;e au terme d&#39;un long si&egrave;ge men&eacute; par les Mamelouks. </p>
<p>	<strong>Le ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple</strong> </p>
<p>	Jacques de Molay dirigea l&#39;ordre du Temple de 1292 &agrave; 1312, date &agrave; laquelle le pape Cl&eacute;ment V abolit &agrave; tout jamais l&#39;ordre en fulminant la bulle pontificale Vox in excelso. Cependant, on conna&icirc;t peu de choses sur la vie du dernier ma&icirc;tre du Temple avant la date de son accession &agrave; la t&ecirc;te de l&#39;ordre. </p>
<p>	&Agrave; la chute de Saint-Jean-d&#39;Acre, les Francs qui en eurent la possibilit&eacute; se retir&egrave;rent &agrave; Chypre, terre chr&eacute;tienne la plus proche de J&eacute;rusalem, ce que firent Jacques de Molay et Thibaud Gaudin, le 22e ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple. La maison cheftaine de l&#39;ordre fut alors install&eacute;e &agrave; Limassol. </p>
<p>	Lors d&#39;un chapitre g&eacute;n&eacute;ral de l&#39;ordre, qui se r&eacute;unit sur l&#39;&icirc;le &agrave; l&#39;automne 1291, Jacques de Molay prit la parole et se pr&eacute;senta comme une alternative et un r&eacute;formateur possible de l&#39;ordre. Thibaud Gaudin mourut avant le 16 avril 1292, laissant la ma&icirc;trise ouverte &agrave; Jacques de Molay. Il n&#39;y avait pas de concurrents s&eacute;rieux pour cette t&acirc;che et Jacques de Molay remporta l&#39;&eacute;lection organis&eacute;e avant le 20 avril, comme l&#39;indique un document conserv&eacute; aux archives de la Couronne d&#39;Aragon qui reconna&icirc;t d&eacute;j&agrave; &agrave; cette date Jacques de Molay comme le nouveau ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple. Cependant, au moment du proc&egrave;s, un certain sergent du Faur parle d&#39;une comp&eacute;tition entre Jacques de Molay et Hugues de Pairaud, Visiteur en France. </p>
<p>	Une fois &eacute;lu, le ma&icirc;tre dut se consacrer de toute urgence aux dossiers les plus lourds du moment, &agrave; savoir des questions li&eacute;es &agrave; Chypre, &agrave; l&#39;Arm&eacute;nie et &agrave; la Cilicie. Ces deux royaumes &eacute;taient en effet sous la menace d&#39;une attaque par les mamelouks. </p>
<p>	Au printemps 1293, il quitta Chypre pour un voyage de trois ans en Occident, pour la tenue de deux chapitres g&eacute;n&eacute;raux de l&#39;ordre, tout d&#39;abord &agrave; Montpellier en 1293 et ensuite &agrave; Arles en 1296. Son voyage le conduisit en Provence et en France, mais aussi en Catalogne, en Italie et en Angleterre. Il profita de son passage pour r&eacute;gler plusieurs probl&egrave;mes internes et locaux, mais son principal objectif &eacute;tait de solliciter l&#39;aide des souverains et de l&#39;&Eacute;glise pour la reconqu&ecirc;te de la Terre Sainte, le renforcement de la d&eacute;fense de Chypre et la reconstruction des forces templi&egrave;res. Le lancement d&#39;une nouvelle croisade semblait possible, mais un sujet probl&eacute;matique fut alors soumis &agrave; Jacques de Molay: la fusion des ordres du Temple et de l&#39;H&ocirc;pital, une id&eacute;e &agrave; laquelle il s&#39;opposa &agrave; plusieurs reprises. Durant ce voyage, Jacques de Molay &eacute;tablit des liens &eacute;troits avec le pape Boniface VIII et des rapports de confiance avec les rois Edouard Ier d&#39;Angleterre, Jacques Ier d&#39;Aragon et Charles II de Naples. On ne sait en revanche rien de ses rapports d&#39;alors avec le roi de France Philippe le Bel. </p>
<p>	A l&#39;automne 1296, Jacques de Molay &eacute;tait de retour &agrave; Chypre afin d&#39;y d&eacute;fendre son ordre contre les vell&eacute;it&eacute;s de Henri II de Chypre dans un conflit qui remontait &agrave; l&#39;&eacute;poque o&ugrave; Guillaume de Beaujeu &eacute;tait &agrave; la t&ecirc;te de l&#39;ordre du Temple (soit avant 1291). </p>
<p>	De 1299 &agrave; 1303, Jacques de Molay plaida en faveur d&#39;une alliance avec les Mongols contre les Mamelouks. Selon ce plan, les ordres militaires chr&eacute;tiens, le roi de Chypre, l&#39;aristocratie chypriote et du Royaume de Petite-Arm&eacute;nie et les Mongols du khanat des Houlagides (situ&eacute; sur le territoire de l&#39;Iran actuel) devaient coordonner leurs efforts. D&#39;ailleurs, en 1298 ou 1299, Jacques de Molay stoppa une invasion mamelouk avec une force militaire en Arm&eacute;nie, sans doute &agrave; cause de la perte de Roche-Guillaume, dernier bastion templier en Cilicie. N&eacute;anmoins, lorsque le khan mongol de Perse, Ghazan, remporta la Deuxi&egrave;me bataille de Homs en d&eacute;cembre 1299 contre les troupes mamelouks, le camp chr&eacute;tien ne sut pas en tirer avantage. En 1300, Jacques de Molay lan&ccedil;a plusieurs raids templiers le long des c&ocirc;tes syrienne et &eacute;gyptienne pour affaiblir les lignes d&#39;approvisionnement ennemies et harceler les Mamelouks. En novembre de la m&ecirc;me ann&eacute;e, il participa en personne &agrave; la prise de la petite &icirc;le fortifi&eacute;e de Ruad (l&#39;actuelle Arouad) qui fait face &agrave; la ville syrienne de Tortose. Il s&#39;agissait d&#39;&eacute;tablir une t&ecirc;te de pont, conform&eacute;ment &agrave; l&#39;accord conclu avec les Mongols, mais ces derniers ne se montr&egrave;rent ni en 1300, ni durant les deux ann&eacute;es suivantes. En septembre 1302, les Templiers furent chass&eacute;s de Ruad par les forces mamelouks venues d&#39;&Eacute;gypte, apr&egrave;s que nombre d&#39;entre eux furent massacr&eacute;s une fois pi&eacute;g&eacute;s sur l&#39;&icirc;le. Ruad &eacute;tait perdue et lorsque Ghazan mourut en 1304, la perspective de reconqu&eacute;rir rapidement la Terre Sainte avec l&#39;appui des Mongols, le r&ecirc;ve de Jacques de Molay, s&#39;effondra. L&#39;&eacute;pisode de Ruad a &eacute;t&eacute; interpr&eacute;t&eacute;, &agrave; tort, par les contemporains comme une tentative d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;e de Jacques de Molay qui cherchait par tous les moyens &agrave; conserver une proximit&eacute; permanente avec la Terre Sainte. En r&eacute;alit&eacute;, il s&#39;agissait juste d&#39;un &eacute;l&eacute;ment cl&eacute; de la strat&eacute;gie qui impliquait les Mongols dans la reconqu&ecirc;te de la Terre Sainte. Quoi qu&#39;il en soit, les critiques au sujet de la raison d&#39;&ecirc;tre de l&#39;Ordre du Temple commen&ccedil;aient &agrave; se faire de plus en plus insistantes. </p>
<p>	En 1305, le pape Cl&eacute;ment V, r&eacute;cemment &eacute;lu, consulte les responsables des ordres militaires &agrave; propos d&#39;une &eacute;ventuelle nouvelle croisade et de la fusion des ordres. Le pape a ainsi demand&eacute; &agrave; Jacques de Molay de r&eacute;diger deux textes, l&#39;un sur chacune de ces probl&eacute;matiques et le ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple s&#39;ex&eacute;cuta durant l&#39;&eacute;t&eacute; 1306. Le 6 juin, les responsables furent officiellement convoqu&eacute;s &agrave; Poitiers, o&ugrave; le pape avait son si&egrave;ge, afin de d&eacute;battre de ces questions. Le pape tomba malade et la rencontre de Poitiers en fut report&eacute;e, mais Jacques de Molay avait d&eacute;j&agrave; quitt&eacute; Chypre le 15 octobre et n&#39;&eacute;tait donc pas au courant de cet ajournement. Il arriva en France &agrave; la fin du mois de novembre ou au d&eacute;but du mois de d&eacute;cembre et on ne sait rien de ses activit&eacute;s pendant les cinq premiers mois de 1307. Durant la deuxi&egrave;me moiti&eacute; du mois de mai, il se trouve cependant &agrave; Poitiers pour assister &agrave; la rencontre organis&eacute;e par le pape. Le ma&icirc;tre de l&#39;ordre y entra en conflit avec le roi Philippe le Bel car il s&#39;opposait toujours &agrave; la fusion des ordres qui auraient ensuite &agrave; leur t&ecirc;te le monarque fran&ccedil;ais: en effet, Jacques de Molay pr&eacute;senta au pape un rapport sur la croisade. Il y refusait la fusion de son ordre avec celui de l&#39;H&ocirc;pital, arguant que les deux ordres &eacute;taient trop diff&eacute;rents pour &ecirc;tre efficacement m&ecirc;l&eacute;s. Ce faisant, il compliquait aussi la position de Cl&eacute;ment V qui avait un probl&egrave;me avec le roi au sujet de la condamnation de la m&eacute;moire du pape Boniface VIII que Philippe le Bel voulait obtenir &agrave; tout prix. Tout cela contrecarra encore davantage les tentatives de relancer une croisade. L&#39;ordre du Temple en ressortait aussi affaibli, sans compter un autre facteur, nettement plus s&eacute;rieux, que Jacques de Molay allait bient&ocirc;t d&eacute;couvrir durant son s&eacute;jour en France: des rumeurs scandaleuses et perverses commen&ccedil;aient &agrave; circuler au sujet de l&#39;ordre. Le roi et ses conseillers, parmi lesquels figurait Guillaume de Nogaret, sauraient comment tirer profit de cette faiblesse. </p>
<p>	Malgr&eacute; tout, Jacques de Molay continuait &agrave; assumer son r&ocirc;le de ma&icirc;tre de l&#39;ordre du Temple: il nomma Exemen de Lenda au poste de ma&icirc;tre de province de l&#39;Ordre du Temple en Aragon le 8 septembre 1307, alors qu&#39;il se trouvait encore &agrave; Poitiers. </p>
<p>	<strong>L&#39;arrestation <br />
	</strong><br />
	Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sur le b&ucirc;cher, enluminure provenant des Grandes Chroniques de France Plaque comm&eacute;morative sur l&#39;&icirc;le de la Cit&eacute;. </p>
<p>	Le 24 juin 1307, &agrave; Paris, Jacques de Molay s&#39;entretint avec le roi au sujet des accusations pesant contre son ordre, et il fut partiellement rassur&eacute;. Il rentra &agrave; Poitiers et demanda au pape d&#39;ouvrir une enqu&ecirc;te pour laver rapidement l&#39;ordre des rumeurs et des accusations qui circulaient sur son compte. Lorsque le pape annon&ccedil;a qu&#39;une enqu&ecirc;te serait lanc&eacute;e le 24 ao&ucirc;t, le roi r&eacute;agit de mani&egrave;re &eacute;nergique. Le 14 septembre, dans le plus grand secret, il envoya des ordres d&#39;arrestation dans tout le royaume de France, ce qui conduit aux arrestations en masse des templiers, et &agrave; la confiscation de leurs biens le vendredi 13 octobre 1307. Jacques de Molay fut arr&ecirc;t&eacute; comme les autres, &agrave; Paris o&ugrave; il se trouvait dans l&#39;intention d&#39;assister aux fun&eacute;railles de Catherine de Valois, la belle-s&oelig;ur du roi Philippe le Bel. Il fut incarc&eacute;r&eacute; &agrave; Paris, au palais royal de Chinon et au ch&acirc;teau de Gisors. </p>
<p>	Durant son interrogatoire par les agents royaux (Guillaume de Paris) le 24 octobre, Jacques de Molay avoua avoir &laquo; reni&eacute; &#8211; malgr&eacute; lui &#8211; le Christ et crach&eacute; &agrave; terre &raquo; (l&#39;inquisiteur lui demanda s&#39;il avait crach&eacute; par trois fois sur la croix, &agrave; cela il r&eacute;pondit que non), dans le cadre du rituel de son initiation. L&#39;intention probable de Jacques de Molay &eacute;tait sans doute d&#39;avouer quelque chose qu&#39;il ne pensait pas trop dommageable pour l&#39;ordre dans son ensemble, mais lorsqu&#39;il fut forc&eacute; de r&eacute;p&eacute;ter ses aveux en public le lendemain, l&#39;effet fut d&eacute;vastateur pour les templiers. Pour rendre les choses encore plus graves, il fut contraint d&#39;&eacute;crire une lettre dans laquelle il d&eacute;clarait que chaque templier devrait admettre ces actes. Philippe le Bel avait d&eacute;sormais la haute main sur la situation et, afin de reprendre l&#39;avantage, le pape Cl&eacute;ment V ordonna l&#39;arrestation des templiers &agrave; travers toute la Chr&eacute;tient&eacute;. </p>
<p>	Le pape souhaitait n&eacute;anmoins entendre Jacques de Molay et, en d&eacute;cembre 1307, il envoya deux cardinaux en mission &agrave; Paris. Devant eux, Jacques de Molay revint sur les aveux qu&#39;il avait faits aux agents de Philippe le Bel. </p>
<p>	D&egrave;s lors, l&#39;affaire des templiers &eacute;tait devenue une question de lutte de pouvoir entre le roi et le pape, qui ne fut r&eacute;solue qu&#39;en ao&ucirc;t 1308, quand le roi et le pape accept&egrave;rent de se partager les condamnations. Par la bulle pontificale Faciens misericordiam, le pape d&eacute;cr&eacute;tait que la proc&eacute;dure pour poursuivre les templiers &eacute;tait divis&eacute;e en deux parties: une premi&egrave;re commission jugerait les individus tandis qu&#39;une deuxi&egrave;me commission jugerait l&#39;ordre en tant que tel. Dans la pratique, cela signifiait qu&#39;un concile, convoqu&eacute; &agrave; Vienne, devrait d&eacute;cider du sort futur du Temple, alors que les dignitaires de l&#39;ordre, dont Jacques de Molay faisait partie, seraient jug&eacute;s par le pape seul. </p>
<p>	Jacques de Molay &eacute;tait d&eacute;tenu au palais royal de Chinon<a href="http://2" target="_blank">2</a>, o&ugrave; il fut interrog&eacute; &agrave; nouveau par les cardinaux, mais cette fois en pr&eacute;sence d&#39;agents royaux. Il r&eacute;it&eacute;ra &agrave; nouveau ses aveux du 24 octobre, et re&ccedil;ut l&#39;absolution de la commission de cardinaux, avant qu&#39;un silence d&#39;un an ne s&#39;abatte sur son cas. Peu &agrave; peu, des commissions et des tribunaux d&#39;inquisition se mirent en place et finalement, en novembre 1309, la commission pontificale pour le royaume de France commen&ccedil;a ses auditions. A deux occasions, le 26 et le 28 novembre, Jacques de Molay d&eacute;clara explicitement qu&#39;il n&#39;admettait pas les accusations port&eacute;es contre l&#39;ordre. </p>
<p>	En agissant de la sorte, il adoptait une strat&eacute;gie du silence devant la commission, pla&ccedil;ant tous ses espoirs sur la puissance de l&#39;&Eacute;glise pour l&#39;emporter sur la volont&eacute; du roi. Mais l&#39;effet escompt&eacute; ne se concr&eacute;tisa pas, bien au contraire. En restant silencieux, Jacques de Molay priva les templiers d&#39;une direction claire. &Agrave; partir de ce moment-l&agrave;, l&#39;ordre ne fut plus en position d&#39;opposer une forte r&eacute;sistance aux menaces qui pesaient sur lui. Toute vell&eacute;it&eacute; d&#39;opposition fut d&eacute;finitivement bris&eacute;e lorsque l&#39;archev&ecirc;que de Sens, Philippe de Marigny, condamna &agrave; mort 54 templiers. Ils furent br&ucirc;l&eacute;s au b&ucirc;cher du 10 au 12 mai 1310. Au concile de Vienne, qui se r&eacute;unit enfin en 1312, l&#39;ordre fut officiellement suspendu par d&eacute;cret pontifical le 22 mars. Quelque trois ans plus tard, soit le 18 mars 1314, trois cardinaux d&eacute;p&ecirc;ch&eacute;s par le pape condamn&egrave;rent les principaux dignitaires de l&#39;ordre du Temple (Jacques de Molay, Hugues de Pairaud, Geoffroy de Charnay et Geoffroy de Gonneville) &agrave; la prison &agrave; vie. </p>
<p>	Comprenant alors que tout &eacute;tait perdu, Jacques de Molay se leva et se r&eacute;tracta. Suivi en cela par Geoffoy de Charnay, il proclama l&#39;innocence de son ordre, avant de d&eacute;fier le roi et le pape devant Dieu. Ce faisant, ils devenaient relaps, ce qui permit &agrave; Philippe IV d&#39;ordonner que tous deux soient envoy&eacute;s au b&ucirc;cher. Au soir du 18 mars 1314<a href="http://3" target="_blank">3</a>, Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay furent emmen&eacute;s &agrave; l&#39;&Icirc;le aux Juifs (aujourd&#39;hui rattach&eacute;e &agrave; l&#39;&Icirc;le de la Cit&eacute; de Paris) o&ugrave; ils furent mis &agrave; mort. Les deux autres dignitaires ayant admis leur culpabilit&eacute; personnelle, ils eurent la vie sauve mais la termin&egrave;rent derri&egrave;re les murs de la prison. </p>
<p>	<strong>La mort <br />
	</strong><br />
	<u>Selon le t&eacute;moignage du chroniqueur Geoffroy de Paris, Jacques de Molay est mort dignement : <br />
	</u><br />
	&laquo; Le ma&icirc;tre, qui vit le feu pr&ecirc;t, s&#39;est d&eacute;pouill&eacute; imm&eacute;diatement, et se mit tout nu en sa chemise&#8230; Il ne trembla &agrave; aucun moment, bien qu&#39;on le tire et bouscule. Ils l&#39;ont pris pour le lier au poteau, et lui, souriant et joyeux, se laisse faire. Ils lui attachent les mains, mais il leur dit : &quot;Dieu sait qui a tort et a p&eacute;ch&eacute;, et le malheur s&#39;abattra bient&ocirc;t sur ceux qui nous condamnent &agrave; tort. Dieu vengera notre mort. Seigneur sachez que, en v&eacute;rit&eacute;, tous ceux qui nous sont contraires par nous auront &agrave; souffrir&quot;.<a href="http://4" target="_blank">4</a> &raquo; </p>
<p>	Mythes et l&eacute;gendes autour de la figure historique Le destin tragique de Jacques de Molay a fait du dernier ma&icirc;tre des Templiers un sujet d&#39;int&eacute;r&ecirc;t pour les groupes et cercles &eacute;sot&eacute;riques ou mystiques qui ont construit plusieurs mythes et l&eacute;gendes se greffant, sans preuve v&eacute;ritable, sur les faits historiques av&eacute;r&eacute;s d&eacute;crits ci-dessus. </p>
<p>	<strong>La mal&eacute;diction <br />
	</strong><br />
	Peu apr&egrave;s la dissolution de l&#39;ordre (1312), un encha&icirc;nement de faits va faire na&icirc;tre toutes sortes de l&eacute;gendes sur une &laquo; mal&eacute;diction du Temple &raquo;. Suite au b&ucirc;cher du 18 mars 1314, les deux responsables de la fin de l&#39;ordre vont mourir : le pape Cl&eacute;ment V le 20 avril 1314 ; le roi Philippe le Bel le 29 novembre 1314 &agrave; l&#39;&acirc;ge de 47 ans ; Guillaume de Nogaret &eacute;tait mort bien avant ceux qu&#39;il avait poursuivis au mois d&#39;avril 1313, suivit par son bras droit, le l&eacute;giste Guillaume de Plaisans ; le grand argentier du roi, Enguerrand de Marigny le 30 avril 1315. La plus c&eacute;l&egrave;bre l&eacute;gende est sans doute la pr&eacute;tendue &laquo; mal&eacute;diction de Jacques de Molay &raquo;, bas&eacute;e sur les derni&egrave;res d&eacute;clarations du Templier et sur laquelle le romancier Maurice Druon extrapolera dans la saga Les Rois maudits qui relate la fin de la dynastie tricentenaire des Cap&eacute;tiens en moins de 14 ans. </p>
<p>	<strong>Jacques de Molay et le Suaire de Turin <br />
	</strong><br />
	Sur un autre sujet, deux historiens franc-ma&ccedil;ons et controvers&eacute;s, Christopher Knight et Robert Lomas, expliquent dans leur ouvrage The Second Messiah: Templars, the Turin Shroud, and the Great Secret of Freemasonry que le saint Suaire reproduit en r&eacute;alit&eacute; la physionomie de Jacques de Molay et non celle de J&eacute;sus <a href="http://5" target="_blank">5</a>. </p>
<p>	D&#39;autres th&eacute;ories circulent sur l&#39;existence d&#39;un lien entre la provenance du saint Suaire et les Templiers: Jeanne de Vergy, qui &eacute;tait &agrave; la fois la veuve du chevalier Geoffroy de Charny et la ni&egrave;ce de templier Geoffroy de Charney (mort sur le b&ucirc;cher avec Jacques de Molay) , est la premi&egrave;re personne dont on sait de source relativement certaine qu&#39;elle a poss&eacute;d&eacute; le suaire . </p>
<p>	<strong>Pr&eacute;sence en Angleterre</strong> </p>
<p>	D&#39;autres th&eacute;ories encore affirment que Jacques de Molay &eacute;tait commandeur en Angleterre et qu&#39;il aurait pass&eacute; une grande partie de sa vie dans ce pays. Or, selon la biographie la plus d&eacute;taill&eacute;e publi&eacute;e &agrave; ce jour<a href="http://6" target="_blank">6</a>, rien ne permet de l&#39;affirmer. Jacques de Molay a certes visit&eacute; l&#39;Angleterre en 1293, mais il est peu probable qu&#39;il ait cumul&eacute; la charge de ma&icirc;tre de l&#39;Ordre et celle de commandeur. </p>
<p>	<strong>R&eacute;cup&eacute;ration ma&ccedil;onnique</strong> </p>
<p>	Un soci&eacute;t&eacute; de jeunes d&#39;ob&eacute;dience ma&ccedil;onnique a pris le nom DeMolay International. Ses membres disent s&#39;inspirer du dernier ma&icirc;tre des Templiers comme d&#39;un exemple de loyaut&eacute; et de fid&eacute;lit&eacute;, mais nient tout lien direct avec sa figure historique ou avec les Templiers originaux. </p>
<p>	Le chevalier Kadosch, inspir&eacute; par Molay, serait le symbole du d&eacute;sir de vengeance contre la soci&eacute;t&eacute; que veulent les francs-ma&ccedil;ons. </p>
<p>	Pr&eacute;c&eacute;d&eacute; par Jacques de Molay Suivi par Thibaud Gaudin Ma&icirc;tre de l&#39;Ordre du Temple 1291-1312 </p>
<p>	<strong>Suppression de l&#39;Ordre</strong> </p>
<p>	Bibliographie Malcolm Barber, Le proc&egrave;s des Templiers, trad. fr., Presses universitaires de Rennes, 2002 Alain Demurger, Jacques de Molay, le cr&eacute;puscule des Templiers, Biographie Payot, 2002 (ISBN 2228896284) Georges Bordonove, La trag&eacute;die des Templiers, Editions Pymalion, 1993 Parchemin de Chinon sur le site des archives du Vatican &Eacute;v&eacute;nement de 1314 : Le Templier Jacques de Molay sur le b&ucirc;cher </p>
<p>	<strong>Notes</strong> : Voir l&#39;article sur le parchemin de Chinon qui traite de cette d&eacute;marche du pape. </p>
<p>	En 2002, l&#39;historienne Barbara Frale d&eacute;couvrit une copie du parchemin de Chinon dans les Archives secr&egrave;tes du Vatican. Ce document confirme explicitement que le pape Cl&eacute;ment V avait absous Jacques de Molay et les autres hauts responsables de l&#39;ordre en ao&ucirc;t 1308. Elle a publi&eacute; ses recherches dans le Journal of Medieval History en 2004 (vol. 30, no 2, pp. 109-134) DOI:10.1016/j.jmedhist.2004.03.004. ? Les sources ne sont pas tr&egrave;s claires sur la date, et certains historiens consid&egrave;rent que le dernier ma&icirc;tre des Templiers est mort le 11 mars 1314. </p>
<p>	Cette derni&egrave;re phrase peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme la vraie mal&eacute;diction &#8211; sur laquelle le romancier Maurice Druon extrapolera pour en faire le c&eacute;l&egrave;bre appel &agrave; compara&icirc;tre dans les six mois devant le tribunal de Dieu lanc&eacute; par le condamn&eacute; au roi de France, au pape et &agrave; quelques autres notables impliqu&eacute;s dans le proc&egrave;s des Templiers. Les morts successives du pape Cl&eacute;ment V et du roi Philippe IV, peu apr&egrave;s la fin de l&#39;ordre du Temple, auraient contribu&eacute; &agrave; renforcer la l&eacute;gende de la mal&eacute;diction. Il ne faut pas oublier que Guillaume de Nogaret est mort en mars 1313, soit un an avant Jacques de Molay, contrairement &agrave; ce qu&#39;affirme Druon. </p>
<p>	Ils pr&eacute;tendent en effet que, lorsque le roi Philippe le Bel et le pape Cl&eacute;ment V an&eacute;antirent l&#39;ordre du Temple, Guillaume de Nogaret (qui agissait en tant qu&#39;inquisiteur du roi) aurait tortur&eacute; et crucifi&eacute; Jacques de Molay, en parodiant la mort du Christ; puis, il aurait mis un tissu sur le visage de Molay, d&#39;o&ugrave; l&#39;empreinte qui figure sur le suaire de Turin. Il est toutefois attest&eacute; par beaucoup de sources contemporaines (notamment Guillaume de Nangis) que Molay est mort sur le b&ucirc;cher. La raison de la haine contre les templiers serait qu&#39;ils auraient connu l&#39;histoire v&eacute;ridique mais secr&egrave;te de J&eacute;sus, qui aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;form&eacute;e par l&#39;&eacute;glise catholique romaine, ce qui n&#39;est pas prouv&eacute;. Selon Knight et Lomas, J&eacute;sus se consid&eacute;rait non comme un Dieu, mais comme un r&eacute;volutionnaire juif dont l&#39;objectif &eacute;tait d&#39;instaurer le royaume de Dieu sur Terre, et que le rite d&#39;initiation des templiers incluait la n&eacute;gation de la divinit&eacute; de J&eacute;sus. </p>
<p>	<em>Jacques de Molay, le cr&eacute;puscule des Templiers, par Alain Demurger </p>
<p>	Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Molay</em> </font></p>
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		<title>Le &#171;&#160;mercy&#160;&#187; d’Orléans, témoignage accablant</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jan 2012 16:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[R&#233;sum&#233; : En 1436, cinq ans apr&#232;s le b&#251;cher de Rouen, une femme se pr&#233;sente en Lorraine. Elle dit &#234;tre Jeanne d&#8217;Arc. Elle est reconnue comme Jeanne d&#8217;Arc par la famille de Jeanne d&#8217;Arc, pendant plusieurs ann&#233;es. Elle &#233;pouse Robert des Armoises (un cousin de Robert de Beaudricourt, l&#8217;homme qui avait &#34;lanc&#233;&#34; Jeanne d&#8217;Arc, et [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">
	<strong>R&eacute;sum&eacute; :</strong> En 1436, cinq ans apr&egrave;s le b&ucirc;cher de Rouen, une <span id="more-1606"></span>femme se pr&eacute;sente en Lorraine. Elle dit &ecirc;tre Jeanne d&rsquo;Arc. Elle est reconnue comme Jeanne d&rsquo;Arc par la famille de Jeanne d&rsquo;Arc, pendant plusieurs ann&eacute;es. Elle &eacute;pouse Robert des Armoises (un cousin de Robert de Beaudricourt, l&rsquo;homme qui avait &quot;lanc&eacute;&quot; Jeanne d&rsquo;Arc, et devait donc aussi &quot;tremper dans la combine&#038;quot<img src="http://img.fiftiz.fr/smileys/icon_wink.gif" alt=";)" />. En 1439, elle est encore reconnue comme Jeanne d&rsquo;Arc par toute la ville d&rsquo;Orl&eacute;ans, pr&eacute;c&eacute;d&eacute;e par ses fr&egrave;res. Certains ont suppos&eacute;, gratuitement d&rsquo;ailleurs, que ce pouvaient &ecirc;tre de faux fr&egrave;res d&rsquo;une fausse Jeanne. L&rsquo;ennui pour cette explication, c&rsquo;est que Jean et Pierre d&rsquo;Arc avaient aussi pris part aux combats de 1429 pour la d&eacute;fense d&rsquo;Orl&eacute;ans, puis aux r&eacute;jouissances qui avaient suivi la victoire, et &eacute;taient parfaitement connus des Orl&eacute;anais. Au passage, il est affligeant que ce soient les &quot;cauchons&quot; et &quot;insulteurs&quot; qui doivent d&eacute;fendre l&rsquo;honneur des fr&egrave;res d&rsquo;Arc (ils sont rest&eacute;s jusqu&rsquo;au bout aux c&ocirc;t&eacute;s de Jeanne, et Pierre a &eacute;t&eacute; fait prisonnier avec elle). Le s&eacute;jour de Jeanne des Armoises &agrave; Orl&eacute;ans va durer deux mois&#8230; </p>
<p>	Ces faits par eux-m&ecirc;mes ne sont pas discut&eacute;s. Jeanne des Armoises a bien &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute;e comme Jeanne d&rsquo;Arc par l&rsquo;entourage le plus intime de cette derni&egrave;re, pendant plusieurs ann&eacute;es, sans que rien n&rsquo;indique que cette situation ait jamais pris fin. </p>
<p>	18 juillet 1439 : &agrave; dix ans d&rsquo;intervalle, un second vin d&rsquo;honneur atteste le retour de Jehanne dans la cit&eacute; ducale. L&rsquo;appariteur qui, d&eacute;j&agrave;, avait organis&eacute; la r&eacute;ception au cours de la d&eacute;faite anglaise, est &agrave; nouveau charg&eacute; de l&rsquo;accueillir : </p>
<p>	1. &laquo; A Jaquet Leprestre, le 18, jour de juillet, pour dix pintes et choppine de vin pr&eacute;sent&eacute;es &agrave; Dame Jehanne des Armoises, pour ce 14 sols parisis <a href="http://1" target="_blank">1</a>. Pendant plus de deux mois, tous pourront l&rsquo;approcher, converser avec elle comme par le pass&eacute; ; nul ne s&rsquo;avisant jamais de contester une &eacute;vidence : la Pucelle de France est bien celle d&rsquo;Orl&eacute;ans. Pour le Conseil de la ville, &laquo; ni scepticisme, ni incer&shy;titude. Chacun retrouva la lib&eacute;ratrice, l&rsquo;acclama, l&rsquo;adora&#8230; :., comme a &eacute;crit de nos jours Philippe Erlan&shy;ger <a href="http://2" target="_blank">2</a>. </p>
<p>	Les Procureurs, pr&eacute;venus d&egrave;s 1436 par les lettres rev&ecirc;&shy;tues de son sceau et de sa signature, ne s&rsquo;y trompent pas. Ils la f&ecirc;tent presque quotidiennement, n&rsquo;attendent pas douze jours pour lui faire don d&rsquo;une somme consi&shy;d&eacute;rable. </p>
<p>	Huit articles, inscrits par Morschoasne dans le &laquo; regis&shy;tre des comptes de forteresse&gt; sont d&rsquo;une authenticit&eacute; tellement embarrassante que l&rsquo;Abb&eacute; Cochard et son ami Vergniaud-Romagn&eacute;si n&rsquo;ont pas cherch&eacute; &agrave; nier les faits. &laquo; Ils sont inexplicables, mais il nous r&eacute;pugne de l&rsquo;admet&shy;tres &raquo;, ont-ils d&eacute;clar&eacute;. Etrange conception de l&rsquo;objectivit&eacute; ! Au cours des r&eacute;ceptions, vins et viandes se succ&egrave;dent alors. </p>
<p>	2. &laquo; A lui (Jaquet), le 29 jour de juillet&#8230; &agrave; madite Dame Jehanne &raquo;. Maintenant, c&rsquo;est au nom de ses compatriotes que le comptable s&rsquo;approprie Dame Jehanne, lui exprimant, encore le lendemain, son respect affectionn&eacute;. </p>
<p>	3. &laquo; Audit Jaquet, le p&eacute;nulti&egrave;me (avant-dernier) jour de juillet, pour viande achet&eacute;e de Basin, pr&eacute;sent Pierre S&eacute;vin, pour pr&eacute;senter &agrave; madite Dame. Jehanne des Armoises&#8230; &raquo; </p>
<p>	4. &laquo; Audit Jaquet, le derenier jour de juillet&#8230; &agrave; disner et &agrave; soupper&#8230; &raquo; </p>
<p>	5. &laquo; A lui, le le jour d&rsquo;aoust, pour dix pintes et chop&shy;pine de vin, &agrave; elle pr&eacute;sent&eacute;es quand elle se partist de cette ville&#8230; &raquo; </p>
<p>	Car Jehanne va s&rsquo;absenter pendant deux ou trois semaines. Tous gens de grand c&oelig;ur, craignant peut-&ecirc;tre de ne pas la revoir, les Orl&eacute;anais saisissent l&rsquo;occasion. Ils lui t&eacute;moignent le jour m&ecirc;me une reconnaissance, tardive &agrave; leurs yeux : </p>
<p>	6. &laquo; A Jehanne d&rsquo;Armoises, pour don &agrave; elle fait le le jour d&rsquo;aoust, par d&eacute;lib&eacute;ration faitte avecques le Conseil de la Ville, et pour le bien qu&rsquo;elle a fait &agrave; laditte ville durant le si&egrave;ge&#8230; &raquo; 210 Livres, en souvenir de la lib&eacute;ration, alors que le loyer d&rsquo;une belle maison bourgeoise co&ucirc;tait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque de 10 &agrave; 14 livres par an <a href="http://3" target="_blank">3</a> ! D&rsquo;un &eacute;lan unanime, on puise sans vergogne dans le tr&eacute;sor de l&rsquo;Intendant Boucher qui ne discute pas. Pour Luillier (son beau-fr&egrave;re), pour Th&eacute;venon de Bourges, Leprestre, &rsquo;Lesbahy et d&rsquo;autres auxquels se joignent des eccl&eacute;siastiques. Aucune h&eacute;sitation. La Pucelle d&rsquo;Orl&eacute;ans recevra sur-le-champ l&rsquo;&eacute;quivalent de deux mois et demi de la pension allou&eacute;e &agrave; Mgr le B&acirc;tard. Dunois arrivera, d&rsquo;ailleurs, sur ces entrefaites. Pourquoi ne s&rsquo;insurge-t-il pas lorsque Jacques Boucher lui expose l&rsquo;affaire ? Leur discr&eacute;tion commune s&rsquo;expli&shy;que : ils ne peuvent acquiescer, du moins officiellement, sans trahir le roi ; de m&ecirc;me que leur honneur et leur attachement les emp&ecirc;chent de renier celle qu&rsquo;ils ont retrouv&eacute;e. </p>
<p>	<font size="5">Nouvelles r&eacute;ceptions au retour de l&rsquo;absence : <br />
	</font><br />
	7. &laquo; Audit Jaquet (Leprestre), pour huit pintes de vin despens&eacute;es &agrave; ung soupper o&ugrave; estoient Jehan Luillier et Th&eacute;venon de Bourges pour qu&rsquo;on le cuidoit pr&eacute;senter &agrave; ladite Dame Jehanne, laquelle se partist plus tost que ledit vin fust venu&#8230; &raquo; </p>
<p>	Quelle que fut la raison de Jehanne d&rsquo;avoir quitt&eacute; la table ? Les motifs ne manquent pas &#8211; cette banalit&eacute; a d&eacute;cha&icirc;n&eacute; la plume des conformistes. Apr&egrave;s une lecture superficielle des documents, et pr&eacute;f&eacute;rant sans doute ses propres sentiments &agrave; la rigueur des faits, Maurice Gar&ccedil;on interpr&egrave;te cette situation : &laquo; J &rsquo;ai tout de m&ecirc;me l&rsquo;impression que la Dame des Armoises comprit la n&eacute;ces&shy;sit&eacute; de dispara&icirc;tre rapidement &raquo;. <a href="http://4" target="_blank">4</a> Par bonheur pour la v&eacute;rit&eacute;, la huiti&egrave;me rubrique de Morschoasne &eacute;tablissait, depuis 1439, que la Dame en question n&rsquo;avait pas disparu&#8230; </p>
<p>	8. &laquo; A Jehan Pichon, le 4&egrave; jour de septembre, pour six pintes et choppine&#8230; pr&eacute;sent&eacute;es &agrave; la Dame Jehanne des Armoises&#8230; &raquo; </p>
<p>	Exprim&eacute;e dans le Bulletin Syndical des Instituteurs, une opinion r&eacute;sume la question avec intel&shy;ligence : &laquo; il est quand m&ecirc;me un peu fort que nous, qui vivons au XXI&egrave;me si&egrave;cle, cinq cents ans apr&egrave;s la mort de l&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne, ayons la pr&eacute;tention de dire &laquo; c&rsquo;&eacute;tait une fausse Jeanne d&rsquo;Arc &raquo;, nous qui ne l&rsquo;avons jamais vue, et que nous disions aux Orl&eacute;anais qui l&rsquo;ont vue : vous, vous &eacute;tiez des imb&eacute;ciles ! </p>
<p>	Ils n&rsquo;auraient certes pas &eacute;t&eacute; les seuls ! Charles VII, arriv&eacute; sur les lieux avant le 24 ao&ucirc;t, y pr&eacute;sida justement ce jour-l&agrave; un Grand Conseil royal. A ses c&ocirc;t&eacute;s figuraient Dunois arrivera, d&rsquo;ailleurs, sur ces entrefaites. Pourquoi ne s&rsquo;insurge-t-il pas lorsque Jacques Boucher lui expose l&rsquo;affaire ? Leur discr&eacute;tion commune s&rsquo;expli&shy;que : ils ne peuvent acquiescer, du moins officiellement, sans trahir le roi ; de m&ecirc;me que leur honneur et leur attachement les emp&ecirc;chent de renier celle qu&rsquo;ils ont retrouv&eacute;e. </p>
<p>	Jehan Rabateau : l&rsquo;h&ocirc;te de Jehanne &agrave; Poitiers, chez qui le fameux &laquo; Livre &raquo; avait &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute; ! A la veille de pren&shy;dre ses fonctions de Pr&eacute;sident du Parlement de Paris, qui &eacute;tait mieux plac&eacute; que l&rsquo; Avocat G&eacute;n&eacute;ral du roi, pour d&eacute;noncer une imposture ? Comme l&rsquo;illustre assembl&eacute;e ne quittera Orl&eacute;ans que le 5 septembre, il est &eacute;vident que Jehanne Dame-des&shy;Armoises, &eacute;tant dans la m&ecirc;me ville, va c&ocirc;toyer Charles VII pendant toute cette p&eacute;riode. D&rsquo;o&ugrave; vient cette inexplicable tol&eacute;rance de la part du monarque le plus ombrageux qui soit, alors qu&rsquo;on va donner pratiquement sous ses yeux la r&eacute;ception du 4 septembre ? L&rsquo;encha&icirc;nement des circonstances d&eacute;montre la conni&shy;vence entre Jehaune et son fr&egrave;re, permettant de situer avec pr&eacute;cision l&rsquo;entrevue cont&eacute;e par Pierre Sala. Bien que cette narration introduise intentionnellement la confu&shy;sion pour les motifs que l&rsquo;on sait, il apporte toutefois des certitudes quant &agrave; la date (1439), la saison (l&rsquo;&eacute;t&#038;eacute<img src="http://img.fiftiz.fr/smileys/icon_wink.gif" alt=";)" />, le lieu (le jardin de Jacques Boucher). Dix ans apr&egrave;s l&rsquo;&eacute;pop&eacute;e, le roi ayant souhait&eacute; rencontrer &laquo; cette Pucelle qui moult ressemblait &agrave; la premi&egrave;re &raquo;, il advint que, lors du rendez-vous, &laquo; il estoit en un jar&shy;din, sous une grande treille&#8230; &raquo; Est-ce pour frapper les esprits des personnes pr&eacute;sentes que l&rsquo;on d&eacute;cida de r&eacute;it&eacute;rer le stratag&egrave;me employ&eacute; &agrave; Chinon en 1429 ? Philippe Erlanger r&eacute;sume au mieux la sc&egrave;ne. &laquo; Comme &agrave; Chinon, dit-il, la jeune fille alla chercher le roi, volon&shy;tairement perdu dans la foule de ses courtisans ; comme &agrave; Chinon, Charles vit agenouill&eacute;e &agrave; ses pieds une belle et robuste cr&eacute;ature aux cheveux coup&eacute;s, au regard mysti&shy;que. Il fut &eacute;mu, boulevers&eacute;&#8230; il ne douta point de contem&shy;pler la miraculeuse berg&egrave;re&#8230; emp&ecirc;cha qu&rsquo;on lui fit aucun mal &raquo; </p>
<p>	Ce qui est exact. La Pucelle ne fut jamais inqui&eacute;t&eacute;e, pas plus que les gens de sa suite ; ses pr&eacute;tendus complices. Bien au contraire, on les r&eacute;compensera. A la v&eacute;rit&eacute;, selon la confidence de M. de Boissy &shy; chambellan de Charles VII -, Jehanne &laquo; vint droict au roy, (ce) dont il fut esbahy et ne sut que dire, sinon en la saluant bien doulcement, lui dit : Pucelle, ma mie, vous soyez la tr&egrave;s bien revenue au nom de Dieu qui sait le secret qui est entre vous et moi. Alors, miraculeuse&shy;ment, apr&egrave;s avoir oui ce seul mot, se mit &agrave; genoilz (genoux) cette fausse pucelle&#8230; &raquo; </p>
<p>	Dieu et le secret ! El&eacute;ments moteurs d&rsquo;une autre forme d&rsquo;abjuration, cette fois &agrave; Orl&eacute;ans. C&rsquo;est le fond du pro&shy;bl&egrave;me. V&eacute;ritable martyre de la raison d&rsquo;Etat, Jehanne doit se sacrifier une fois de plus parmi tant d&rsquo;autres au profit de la s&eacute;curit&eacute; du tr&ocirc;ne. Abn&eacute;gation extr&ecirc;me, elle accepte maintenant de se renier elle-m&ecirc;me. Il suffit de se mettre &agrave; sa place pour comprendre ses r&eacute;ticences ant&eacute;rieures, ses sursauts de fiert&eacute;. Si nous &eacute;tions de son rang, de sa condition, accepterions-nous d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment cette autodestruction de notre personna&shy;lit&eacute; ? Certainement pas. Chez elle, par contre, le m&ecirc;me mobile qui l&rsquo;a condi&shy;tionn&eacute;e &#8211; le sentiment religieux -, interviendra dans la d&eacute;cision d&eacute;finitive du renoncement. A dater de ce jour, on n&rsquo;en parlera plus. </p>
<p>	Un extrait des comptes de la ville de Tours atteste cependant que Jehanne resta, &agrave; Orl&eacute;ans longtemps apr&egrave;s la date qu&rsquo;indique Morschoasne. &laquo; Au receveur, par mandement donn&eacute; le 27&egrave; jour de septembre, l&rsquo;an dessus dit (1439), cy rendu, la somme de 4 Livres Tournois que par nostre commandement et ordenance avez pay&eacute;e et baill&eacute;e, c&rsquo;est assavoir &agrave; Jehan Drouart&#8230; pour ung voyage qu&rsquo;il a fait en ce pr&eacute;sent mois, pour estre all&eacute; &agrave; Orl&eacute;ans. </p>
<p>	1- Pour porter lettres clouses que Mgr le Bailli rescrip&shy;toit au roy nostre sire, touchant le fait de Dame Jehanne des Armoises, 2- Et une lettre que laditte Dame Jehanne escripvoit au dit Seigneur (le bailli, Harduin de Champa&shy;gne) <a href="http://5" target="_blank">5</a>)&#8230; </p>
<p>	<font size="5">Rescriptoit&#8230; Escripvoit &#8230; <br />
	</font><br />
	Ces lettres closes, rescriptes, accompagnaient donc une demande d&rsquo;argent que Jehanne escripvoit au bailli, &agrave; l&rsquo;issue de son entretien avec Charles VII. Afin de lui permettre de regagner Metz, le roi lui ayant accord&eacute; une certaine somme, lui dit tout simple&shy;ment de s&rsquo;adresser au bailli de Tours, &agrave; cet effet. Les lettres closes du Haut fonctionnaire prennent alors tout leur sens : il ne d&eacute;bloquera pas les fonds sans auto&shy;risation. Ce qui ne l&rsquo;emp&ecirc;che pas de continuer &agrave; d&eacute;signer en termes de respect l&rsquo;auteur de la demande : Dame Jehanne&#8230; </p>
<p>	&laquo; Dame Jehanne, Noble Princesse Tr&egrave;s Noble et Puissante Dame Tr&egrave;s Noble et excellente Princesse <a href="http://6" target="_blank">6</a>)&#8230; &raquo; </p>
<p>	Telles seront les expressions lanc&eacute;es quelques jours plus tard en pr&eacute;sence du roi (revenu le 30 septembre &agrave; Orl&eacute;ans pour les Etats G&eacute;n&eacute;raux), de la reine Marie, de Yolande d&rsquo;Anjou, et de toute la Cour. En effet, un spectacle fabuleux devait &ecirc;tre donn&eacute; en plein c&oelig;ur de la ville par le Seigneur de Rais : le &laquo; Mist&egrave;re du Si&egrave;ge d&rsquo;Orl&eacute;ans, o&ugrave; Gilles &eacute;tait glorifi&eacute; par un r&ocirc;le sp&eacute;cial. &raquo; Avant son d&eacute;part pour la Lorraine, Jehanne y assista&shy;t-elle <a href="http://7" target="_blank">7</a> ? Le fait est fort probable. </p>
<p>	<a href="http://1" target="_blank">1</a> ces 8 rubriques extraites de &quot;Comptes de Forterese d&rsquo;Orl&eacute;ans&quot; de Morschoasme (ann&eacute;e 1439) sont num&eacute;rot&eacute;es ici de 1 &agrave; 8 pour la commodit&eacute;. Elles sont cit&eacute;es par presque tous les auteurs dissidents </p>
<p>	<a href="http://2" target="_blank">2</a> Philippe Erlanger : Charles VII et son myst&egrave;re </p>
<p>	<a href="http://3" target="_blank">3</a> courrier des chercheurs et des curieux du n&deg; 172 de &quot;Miroir de l&rsquo;Histoire </p>
<p>	<a href="http://4" target="_blank">4</a> Les deux Jeanne d&rsquo;Arc, par Claude Pasteur </p>
<p>	<a href="http://5" target="_blank">5</a> Harduin de Champagne qui occupa son poste de 1425 &agrave; 1444, connissait donc fort bien m&rsquo;h&eacute;ro&iuml;ne. Cf : compte de la ville de Toirs, ann&eacute;e 1438/39. Archives municipales </p>
<p>	<a href="http://6" target="_blank">6</a> Mis&egrave;re du si&egrave;ge d&rsquo;Orl&eacute;ans, d&rsquo;apr&egrave;s la publication de 1862, Jacques Millet </p>
<p>	<a href="http://7" target="_blank">7</a> Gilles de Rai d&eacute;pensera de 80.000 &agrave; 100.000 &eacute;cus d&rsquo;or pour cette nouvelle s&eacute;rie de f&ecirc;tes donn&eacute;es en 1439</p>
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		<title>Dossier démographie</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Jan 2012 10:10:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Fausses &#233;vidences sur la population mondiale par G&#233;rard-Fran&#231;ois Dumont, juin 2011 D&#233;mographie, que de poncifs on r&#233;pand en ton nom&#8230; &#171; L&#8217;humanit&#233; conna&#238;t une natalit&#233; d&#233;brid&#233;e. &#187; Non, car depuis plusieurs d&#233;cennies les taux de natalit&#233; diminuent nettement et partout, sous l&#8217;effet de ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler la &#171; transition d&#233;mographique &#187; (voir le [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
	<br />
	<em>Fausses &eacute;vidences sur la population mondiale par <strong>G&eacute;rard-<span id="more-4149"></span>Fran&ccedil;ois Dumont,</strong> juin 2011 <br />
	D&eacute;mographie, que de poncifs on r&eacute;pand en ton nom&#8230;</p>
<p>	</em>&laquo; L&rsquo;humanit&eacute; conna&icirc;t une natalit&eacute; d&eacute;brid&eacute;e. &raquo; Non, car depuis plusieurs d&eacute;cennies les taux de natalit&eacute; diminuent nettement et partout, sous l&rsquo;effet de ce qu&rsquo;il est convenu d&rsquo;appeler la &laquo; transition d&eacute;mographique &raquo; (voir le glossaire), p&eacute;riode durant laquelle une population voit baisser une natalit&eacute; et une mortalit&eacute; auparavant tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;es.</p>
<p>	&laquo; Il faut craindre une v&eacute;ritable explosion d&eacute;mographique. &raquo; Qu&rsquo;on se rassure : la bombe ne sautera pas. Le ph&eacute;nom&egrave;ne majeur du XXIe si&egrave;cle ne sera pas la croissance rapide de la population, mais son vieillissement.</p>
<p>	&laquo; Nous allons vivre sur une Terre &eacute;cras&eacute;e par la surpopulation. &raquo; Non, &agrave; nouveau, car la concentration humaine sur de petits territoires, induite par l&rsquo;urbanisation, entra&icirc;ne le d&eacute;peuplement d&rsquo;autres r&eacute;gions.</p>
<p>	&laquo; Les vagues migratoires Sud-Nord vont nous submerger. &raquo; C&rsquo;est ignorer que les nouvelles logiques migratoires engendrent des mobilit&eacute;s dans tous les sens, dont de tr&egrave;s importantes migrations Sud-Sud.</p>
<p>	En somme, la &laquo; population mondiale &raquo; n&rsquo;existe pas : elle est un agr&eacute;gat sans signification, addition de r&eacute;alit&eacute;s si diff&eacute;rentes que l&rsquo;&eacute;voquer revient &agrave; m&eacute;langer pommes et cerises. La Guin&eacute;e et le Portugal ont pratiquement le m&ecirc;me niveau de peuplement (respectivement 10,8 et 10,7 millions d&rsquo;habitants (1)). Faut-il en d&eacute;duire que ces deux pays occupent une place semblable dans la d&eacute;mographie mondiale ? A leur sujet, tous les indicateurs divergent : le taux d&rsquo;accroissement naturel de la Guin&eacute;e, par exemple, est largement positif (+ 3 %), celui du Portugal n&eacute;gatif (&mdash; 0,1 %).</p>
<p>	Pr&eacute;senter les indicateurs d&eacute;mographiques de la population mondiale, c&rsquo;est gommer les dynamiques propres : celles de pays &agrave; taux de natalit&eacute; &eacute;lev&eacute; et faible esp&eacute;rance de vie, comme le Niger et le Mali, ou celles de pays dont le taux de natalit&eacute; est si faible qu&rsquo;il ne compense pas le taux de mortalit&eacute;, comme la Russie ou le Japon. Dans le cas nippon, la hausse sensible de la mortalit&eacute; dans les ann&eacute;es 2000 n&rsquo;est pas due &agrave; des comportements mortif&egrave;res ou &agrave; une d&eacute;t&eacute;rioration du syst&egrave;me sanitaire, mais exclusivement au vieillissement. La situation est diff&eacute;rente en Russie (lire &laquo; La Russie en voie de d&eacute;peuplement &#038;raquo<img src="http://img.fiftiz.fr/smileys/icon_wink.gif" alt=";)" />.</p>
<p>	Le monde est compos&eacute; de populations diverses, aux indicateurs d&eacute;mographiques diff&eacute;rents et aux modes de peuplement vari&eacute;s, comme le montrent les extraordinaires variations de la densit&eacute; (de 1 141 habitants par kilom&egrave;tre carr&eacute; au Bangladesh &agrave; 5,9 au Gabon). L&agrave; aussi : consid&eacute;rer l&rsquo;agr&eacute;gat moyen de cette vari&eacute;t&eacute;, c&rsquo;est se condamner &agrave; ne rien voir.</p>
<p>	Le XXe si&egrave;cle a &eacute;t&eacute; t&eacute;moin d&rsquo;une &eacute;volution sans pr&eacute;c&eacute;dent : le peuplement de la terre a quadrupl&eacute; (de 1,6 milliard de personnes en 1900 &agrave; 6,1 milliards en 2000). Cette croissance r&eacute;sulta de l&rsquo;addition de trois ph&eacute;nom&egrave;nes. D&egrave;s la fin du XVIIIe si&egrave;cle, certains pays de l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re Nord avaient commenc&eacute; &agrave; conna&icirc;tre une baisse de la mortalit&eacute; (infantile, infanto-adolescente et maternelle) qui, au XIXe puis au XXe si&egrave;cle, s&rsquo;est g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e aux pays du Sud (en Inde, par exemple, &agrave; partir des ann&eacute;es 1920). Les raisons : avanc&eacute;es m&eacute;dicales et pharmaceutiques, diffusion de comportements hygi&eacute;niques et progr&egrave;s technique agricole ayant permis une alimentation plus r&eacute;guli&egrave;re et plus vari&eacute;e. En deux si&egrave;cles, la part des nouveau-n&eacute;s mourant avant l&rsquo;&acirc;ge de 1 an a baiss&eacute; de 80 % en moyenne dans le monde, mais elle a &eacute;t&eacute; divis&eacute;e par cinquante dans les pays les plus d&eacute;velopp&eacute;s. La mortalit&eacute; des jeunes enfants et des adolescents a diminu&eacute; de mani&egrave;re encore plus forte, de m&ecirc;me que celle des femmes en couches, avec pour r&eacute;sultat un changement dans la balance des sexes : le sexe dit &laquo; faible &raquo; est devenu d&eacute;mographiquement le plus fort.</p>
<p>	Par ailleurs, les personnes &acirc;g&eacute;es vivent plus longtemps, gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;am&eacute;lioration, depuis les ann&eacute;es 1970, de la m&eacute;decine et des infrastructures sanitaires. La m&eacute;canisation d&rsquo;un certain nombre de t&acirc;ches a en outre apport&eacute; de meilleures conditions de travail, contribuant &agrave; accro&icirc;tre l&rsquo;esp&eacute;rance de vie, qui a presque doubl&eacute; en un si&egrave;cle (de 37 ans en 1900 &agrave; 69 ans en 2010).</p>
<p>	La baisse sans pr&eacute;c&eacute;dent de la f&eacute;condit&eacute; provoque une nette d&eacute;c&eacute;l&eacute;ration d&eacute;mographique : le taux annuel moyen d&rsquo;accroissement est pass&eacute; du maximum historique de plus de 2 % &agrave; la fin des ann&eacute;e 1960 (nombre de pays se trouvaient alors au milieu de leur transition d&eacute;mographique) &agrave; 1,2 % en 2010. En cinquante ans, la population mondiale a ainsi fortement augment&eacute; : 2,5 milliards en 1950, 6,1 milliards en 2000. Selon la projection moyenne de l&rsquo;Organisation des Nations unies (ONU), elle devrait s&rsquo;&eacute;lever &agrave; 9 milliards en 2050. Faut-il pour autant parler de surnombre ? Si ces 9 milliards migraient en totalit&eacute; aux Etats-Unis, laissant tout le reste de la Terre d&eacute;sert, la densit&eacute; des Etats-Unis serait encore inf&eacute;rieure &agrave; celle de la r&eacute;gion Ile-de-France&#8230;</p>
<p>	Ph&eacute;nom&egrave;ne in&eacute;dit, le vieillissement marquera le XXIe si&egrave;cle. Il peut &ecirc;tre mesur&eacute; soit par l&rsquo;augmentation de la proportion de personnes &acirc;g&eacute;es de 65 ans et plus (5,2 % en 1950, 7,6 % en 2010 et 16,2 % en 2050 selon les pr&eacute;visions de l&rsquo;ONU (2)), soit par l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;&acirc;ge m&eacute;dian (24 ans en 1950, 29 ans en 2010 et environ 38 ans en 2050 (3)). Par le haut, l&rsquo;accroissement de l&rsquo;esp&eacute;rance de vie &eacute;largit le cercle du troisi&egrave;me &acirc;ge. Par le bas, la baisse de la f&eacute;condit&eacute; minore les effectifs des jeunes ; ses effets sont particuli&egrave;rement importants dans les pays en phase d&rsquo;hiver d&eacute;mographique, ceux dont la f&eacute;condit&eacute; est depuis plusieurs d&eacute;cennies nettement en dessous du seuil de remplacement des g&eacute;n&eacute;rations (soit en moyenne 2,1 enfants par femme). Dans le cas de ces pays, seule une relance consid&eacute;rable de la f&eacute;condit&eacute; (et pas trop tardive, car le nombre de femmes en &acirc;ge de procr&eacute;er diminue sensiblement) ou des apports migratoires de populations jeunes et f&eacute;condes pourraient permettre d&rsquo;atteindre le seuil de simple remplacement des g&eacute;n&eacute;rations.</p>
<p>	Il faut aussi tenir compte de l&rsquo;augmentation du nombre absolu de personnes &acirc;g&eacute;es &mdash; ce que l&rsquo;on appelle la &laquo; g&eacute;rontocroissance &raquo; : 130 millions en 1950, 417 millions en 2000, et ce nombre pourrait atteindre 1,486 milliard en 2050. Cette distinction entre vieillissement et g&eacute;rontocroissance permet de saisir les &eacute;volutions tr&egrave;s contrast&eacute;es selon les pays. Dans certains, ces deux ph&eacute;nom&egrave;nes n&rsquo;&eacute;voluent pas de fa&ccedil;on identique, sous l&rsquo;effet, par exemple, d&rsquo;un syst&egrave;me migratoire apportant des populations jeunes et &eacute;loignant les populations &acirc;g&eacute;es.</p>
<p>	L&rsquo;urbanisation appara&icirc;t comme un autre ph&eacute;nom&egrave;ne majeur. En 2008, selon les chiffres des Nations unies (discut&eacute;s dans leurs modalit&eacute;s, mais pas sur le fond), les habitants des villes ont pour la premi&egrave;re fois d&eacute;pass&eacute; en nombre les ruraux (4). C&rsquo;est le grand paradoxe du XXIe si&egrave;cle : jamais la population mondiale n&rsquo;a &eacute;t&eacute; si nombreuse, et jamais elle ne s&rsquo;est autant concentr&eacute;e dans des espaces si petits : le monde se &laquo; m&eacute;tropolise &raquo; inexorablement sous l&rsquo;effet d&rsquo;une sorte de moteur &agrave; trois temps. Le premier tient &agrave; la mont&eacute;e du secteur tertiaire dans les espaces urbains les plus peupl&eacute;s, y attirant des actifs devenus disponibles du fait de l&rsquo;accroissement de la productivit&eacute; agricole. Le deuxi&egrave;me vient du souhait des m&eacute;nages d&rsquo;avoir une palette &eacute;largie de possibilit&eacute;s d&rsquo;emploi, dans un contexte de diversit&eacute; croissante des m&eacute;tiers, de mobilit&eacute; professionnelle volontaire ou contrainte, ou de pauvret&eacute; dans le monde rural. Enfin, les m&eacute;tropoles sont les territoires qui r&eacute;pondent le mieux &agrave; la mise en place de l&rsquo;&laquo; espace monde &raquo; en facilitant grandement les connexions. Elles disposent d&rsquo;une attractivit&eacute; li&eacute;e &agrave; leur degr&eacute; d&rsquo;importance politique, lequel d&eacute;pend de leur statut institutionnel (capitale r&eacute;gionale, nationale, si&egrave;ges d&rsquo;institutions publiques internationales). D&rsquo;autant que les filiales &eacute;trang&egrave;res des firmes multinationales se localisent principalement dans les grandes villes.</p>
<p>	L&rsquo;intensit&eacute; de la concentration urbaine reste contrast&eacute;e d&rsquo;un pays &agrave; l&rsquo;autre : en Inde, 29 % des habitants vivent en ville, 33 % en R&eacute;publique d&eacute;mocratique du Congo, 73 % en Allemagne et 79 % aux Etats-Unis. Les facteurs en sont tr&egrave;s variables. Le fort taux br&eacute;silien est principalement d&ucirc; &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage de la colonisation qui a fond&eacute; des villes charg&eacute;es d&rsquo;assurer le contr&ocirc;le politique et &eacute;conomique du territoire et de centraliser l&rsquo;exclusivit&eacute; des &eacute;changes avec la m&eacute;tropole portugaise. Le faible taux chinois doit beaucoup au r&eacute;gime communiste, qui a longtemps fix&eacute; les travailleurs ruraux ; dans ce contexte, P&eacute;kin, avec ses 12 millions d&rsquo;habitants, est une capitale peu peupl&eacute;e au regard de l&rsquo;importance d&eacute;mographique du pays. Ailleurs, les conflits ont d&eacute;racin&eacute; les populations rurales, accentuant le poids d&eacute;mographique de villes comme Bogot&aacute;, Amman, Calcutta ou Kinshasa.</p>
<p>	Les pays tr&egrave;s centralis&eacute;s, comme la France ou l&rsquo;Iran, se sont dot&eacute;s d&rsquo;une armature urbaine macroc&eacute;phale, o&ugrave; la capitale politique est dominante dans toutes les fonctions : &eacute;conomiques, financi&egrave;res, universitaires et culturelles. D&rsquo;autres pays, comme l&rsquo;Espagne ou la Bolivie, ont une urbanisation bic&eacute;phale, domin&eacute;e par deux villes (Madrid et Barcelone, La Paz et Santa Cruz) ; l&rsquo;Allemagne est pour sa part organis&eacute;e en un r&eacute;seau urbain plus &eacute;quilibr&eacute; reliant plusieurs villes harmonieusement hi&eacute;rarchis&eacute;es.</p>
<p>	Transitions d&eacute;mographiques en cours dans diff&eacute;rents pays du Sud, hiver d&eacute;mographique dans certains pays du Nord, vieillissement de la population, urbanisation sans pr&eacute;c&eacute;dent : voil&agrave; qui dessine un paysage d&eacute;mographique in&eacute;dit. S&rsquo;y ajoute la question des circulations migratoires : 214 millions de personnes (5) r&eacute;sident de fa&ccedil;on permanente dans un autre pays que celui o&ugrave; elles sont n&eacute;es &mdash; un chiffre qui n&rsquo;inclut ni les r&eacute;fugi&eacute;s ni les d&eacute;plac&eacute;s.</p>
<p>	Contrairement aux id&eacute;es re&ccedil;ues, les migrations sont r&eacute;guli&egrave;res et permanentes. Et tr&egrave;s majoritairement l&eacute;gales : surm&eacute;diatis&eacute;es, les migrations clandestines sont statistiquement n&eacute;gligeables. L&rsquo;histoire et la g&eacute;ographie ont contribu&eacute; &agrave; construire des couples migratoires de pays. Ils peuvent se fonder sur une proximit&eacute; g&eacute;ographique &mdash; Burkina Faso et C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, Colombie et Venezuela, Mexique et Etats-Unis, Malaisie et Singapour, Italie et Suisse&#8230; &mdash;ou sur une histoire commune &mdash; Philippines et Etats-Unis, Alg&eacute;rie et France, Inde et Royaume-Uni, etc. &mdash; en raison des liens h&eacute;rit&eacute;s de la colonisation et p&eacute;rennis&eacute;s, de jure ou de facto, apr&egrave;s la d&eacute;colonisation. Comme pour le mouvement d&rsquo;urbanisation, si des facteurs politiques (guerres, conflits civils, r&eacute;gimes liberticides) poussent &agrave; l&rsquo;&eacute;migration, les facteurs &eacute;conomiques en sont le moteur principal. Au XIXe si&egrave;cle, la pauvret&eacute; avait contraint de nombreux Espagnols, Suisses et Italiens &agrave; &eacute;migrer en Am&eacute;rique latine. La d&eacute;mographie elle-m&ecirc;me est un troisi&egrave;me facteur de migration : au XIXe si&egrave;cle, la France, en raison de la baisse tr&egrave;s pr&eacute;coce de sa f&eacute;condit&eacute;, est devenue le seul pays europ&eacute;en d&rsquo;immigration. Au XXIe si&egrave;cle, la baisse de la population active dans diff&eacute;rents pays d&eacute;velopp&eacute;s pousse &agrave; faire appel aux immigr&eacute;s, du fait du d&eacute;ficit de main-d&rsquo;&oelig;uvre, notamment dans certaines activit&eacute;s mal pay&eacute;es.</p>
<p>	La polarisation entre pays d&rsquo;&eacute;migration et pays d&rsquo;immigration a cependant perdu de sa pertinence. Les migrations sont de plus en plus circulaires : le Maroc, par exemple, est un pays d&rsquo;&eacute;migration vers l&rsquo;Europe et l&rsquo;Am&eacute;rique du Nord, un pays de transit pour des ressortissants de l&rsquo;Afrique subsaharienne rejoignant l&rsquo;Europe, et un pays d&rsquo;immigration pour des ressortissants de l&rsquo;Afrique subsaharienne qui y ont arr&ecirc;t&eacute; &mdash; sans l&rsquo;avoir n&eacute;cessairement pr&eacute;vu &mdash; leur cheminement migratoire. De m&ecirc;me, l&rsquo;Espagne est un pays d&rsquo;&eacute;migration, en particulier vers les pays du Nord ou l&rsquo;Am&eacute;rique latine, un pays de transit pour des Africains se rendant en France et un pays d&rsquo;immigration &agrave; partir du Maroc, de la Roumanie ou de l&rsquo;Am&eacute;rique andine. Au-del&agrave; de l&rsquo;image cartographique que pourrait donner le solde migratoire (qui masque l&rsquo;intensit&eacute; des flux d&rsquo;immigration et d&rsquo;&eacute;migration) par pays, il appara&icirc;t aujourd&rsquo;hui que la plupart des Etats assurent les trois fonctions &agrave; la fois.</p>
<p>	<u>G&eacute;rard-Fran&ccedil;ois Dumont, Professeur &agrave; l&rsquo;universit&eacute; Paris-Sorbonne, pr&eacute;sident de la revue Population &amp; Avenir. <br />
	</u></p>
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		<title>Pour experts ou connaisseurs</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jan 2012 23:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[(clic sur la photo pour l&#39;agrandir) Pour experts ou connaisseurs :&#160; - Objet ancien, r&#233;sultant d&#39;un coulage, sous forme d&#39;un Lingot de + de 1,355 kg. &#160; Dimenssions 105 mm x 74 mm x &#233;paisseur moyenne 17 mm Composition inconnue (densit&#233; sup&#233;rieure au Plomb + de 14 979) - Ornements en ronde bosse, semblables &#224; [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>
	<span style="color: #0000cd"><em>(clic sur la photo pour l&#39;agrandir)</em></span></p>
<p>
	<strong>Pour experts ou <span id="more-4148"></span>connaisseurs :&nbsp;</strong></p>
<p>
	- Objet ancien, r&eacute;sultant d&#39;un coulage, sous forme d&#39;un Lingot de + de 1,355 kg.</p>
<p>
	&nbsp; Dimenssions 105 mm x 74 mm x &eacute;paisseur moyenne 17 mm</p>
<p>
	Composition inconnue (densit&eacute; sup&eacute;rieure au Plomb + de 14 979)</p>
<p>
	- Ornements en ronde bosse, semblables &agrave; ceux de la franc ma&ccedil;onnerie, mais aussi &agrave; ceux des B&acirc;tisseurs, voir des Alchimistes de l&#39;&eacute;poque.<br />
	&nbsp;<br />
	Accepte tous contacts s&eacute;rieux pour permettre la continuit&eacute; des recherches et d&#39;&eacute;changes de connaissances arch&eacute;ologiques.<br />
	&nbsp;<br />
	M.DUBREUIL<br />
	TEL : 06.74.26.68.57 <br />
	<a href="mailto:d.domino113@yahoo.fr">d.domino113@yahoo.fr</a>&nbsp;&nbsp; <br />
	&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les Huns</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Dec 2011 08:17:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Les Huns sont un peuple asiatique turco-mongol, probablement de langue turque, ou &#224; tout le moins alta&#239;que. C&#8217;est le premier peuple mentionn&#233; comme tel par les historiens. Des r&#233;f&#233;rences &#224; un peuple appel&#233; Xiongnu (Hsiung-nu) existent dans les sources chinoises depuis -1200, faisant allusion aux anc&#234;tres des Huns. Un groupe appel&#233; les Huns europ&#233;ens et [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
	<span style="color: #00f">Les Huns sont un peuple asiatique turco-mongol, probablement de <span id="more-4125"></span>langue turque, ou &agrave; tout le moins alta&iuml;que. C&rsquo;est le premier peuple mentionn&eacute; comme tel par les historiens. </p>
<p>	</span>Des r&eacute;f&eacute;rences &agrave; un peuple appel&eacute; Xiongnu (Hsiung-nu) existent dans les sources chinoises depuis -1200, faisant allusion aux anc&ecirc;tres des Huns. </p>
<p>	Un groupe appel&eacute; les Huns europ&eacute;ens et men&eacute; par Attila est consid&eacute;r&eacute; comme &eacute;tant l&rsquo;extension occidentale des Huns. L&rsquo;&eacute;tablissement du premier &Eacute;tat hun a &eacute;t&eacute; un des premiers aspects bien document&eacute;s de la culture de la migration &agrave; dos de cheval. </p>
<p>	Ces tribus nomades surpass&egrave;rent leurs rivaux dans la ma&icirc;trise du cheval, gr&acirc;ce &agrave; la promptitude et la mobilit&eacute; &eacute;tonnante de leurs montures, ainsi qu&rsquo;au talent des cavaliers, initi&eacute;s d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge. Cet avantage, coupl&eacute; &agrave; l&rsquo;arc court qui pouvait &ecirc;tre utilis&eacute; depuis le dos de la monture, fut crucial dans les nombreuses batailles que livr&egrave;rent les Huns. </p>
<p>	Selon l&rsquo;histoire hongroise traditionnelle, les Huns, les Magyars et les Avars faisaient tous partie du m&ecirc;me peuple ; le mot &laquo; Hongrie &raquo; (Hungary en anglais) vient d&rsquo;ailleurs de &laquo; Hun &raquo;, et les Hongrois se nomment eux-m&ecirc;mes les Magyars. </p>
<p>	L&rsquo;arch&eacute;ologie t&eacute;moigne de l&rsquo;arriv&eacute;e et de la progression des Huns en Europe au IVe si&egrave;cle. D&rsquo;importants vestiges hunniques ont &eacute;t&eacute; d&eacute;couverts autour de plusieurs centres : dans la r&eacute;gion de Saratov et celle de Volgograd, sur les deux rives d&rsquo;un gu&eacute; important de la Volga ; dans la r&eacute;gion centrale du Caucase du Nord ; pr&egrave;s de la Caspienne, au Daghestan ; dans la r&eacute;gion du bas Dniepr &agrave; la Crim&eacute;e (Dniepropetrvsk, Zaporojie, Kherson) ; sur la presqu&rsquo;&icirc;le de Crim&eacute;e ; entre le Boug m&eacute;ridional et le Prout ; sur les bords du Dniestr et du Prout en Moldavie et en Roumanie ; dans la vall&eacute;e du Buzaul, qui relie les Carpates du sud-est et le coude du Danube en Dobroudja ; en Olt&eacute;nie. </p>
<p>	L&rsquo;arriv&eacute;e des Huns en Europe ne passa pas inaper&ccedil;ue. Ptol&eacute;m&eacute;e les cite d&egrave;s 172 apr. J-C. tout en les situant au nord du Caucase. Mais c&rsquo;est lorsqu&rsquo;ils franchirent pour la premi&egrave;re fois la Volga en 375 apr. J.-C. que les Huns commenc&egrave;rent &agrave; jouer un r&ocirc;le important dans l&rsquo;histoire europ&eacute;enne. D&egrave;s lors, la pression qu&rsquo;ils exerc&egrave;rent sur tous les peuples germains voisins de l&rsquo;Empire romain fut telle qu&rsquo;elle engendra un grand mouvement de migration qui conduisit l&rsquo;Empire &agrave; sa perte. En effet, de 370 &agrave; 375, les Huns ravag&egrave;rent le royaume Goths situ&eacute; en Ukraine en lan&ccedil;ant diverses exp&eacute;ditions. Puis, en 375, traversant la Volga, les Huns d&eacute;truisirent le royaume des Alains et surtout celui des Goths d&rsquo;Ermararic qui, vaincu, se suicida. Affaiblis par la famine, menac&eacute;s par les Huns, leur royaume an&eacute;anti, les Goths entreprirent alors de chercher refuge dans l&rsquo;Empire romain et, pour la premi&egrave;re fois, y voulurent s&rsquo;y &eacute;tablirent d&eacute;finitivement. Mais occupant l&rsquo;ancien territoire des Goths, les Huns venaient d&rsquo;entrer en contact avec l&rsquo;Empire romain. En 378, ils lanc&egrave;rent une incursion en Thrace. </p>
<p>	Apr&egrave;s avoir an&eacute;anti le royaume Goths, les Huns envahirent la p&eacute;ninsule anatolienne en 395,et d&eacute;ferl&egrave;rent en 396 depuis le Caucase sur la fronti&egrave;re romaine de l&rsquo;Anatolie du Nord-Est alors que l&rsquo;Empire d&rsquo;orient &eacute;tait particuli&egrave;rement vuln&eacute;rable car il ne disposait alors que de peu l&eacute;gions &agrave; opposer aux Huns. </p>
<p>	En v&eacute;rit&eacute;, il est difficile d&rsquo;aborder les Huns du fait de la l&eacute;gende noire qui les attache et qui exag&egrave;rent leur sauvagerie. En fait, il est ind&eacute;niable que les Huns eurent une civilisation brillante bien que mal connue comme montre le fait de la cr&eacute;ation entre 424 et 434 sous le roi Hun Uldin puis sous le roi Mundziuch (ou Mundiock) d&rsquo;un vaste royaume et d&rsquo;un &eacute;tat relativement organis&eacute; allant de la Mer Noire aux Alpes Orientales jusqu&rsquo;en Pannonie. D&egrave;s lors, s&rsquo;&eacute;tant organis&eacute;s, les Huns devinrent pour l&rsquo;Empire une v&eacute;ritable puissance qui pouvait repr&eacute;senter une menace particuli&egrave;rement dangereuse. </p>
<p>	<strong>Un ind&eacute;fectible alli&eacute; de Rome, un ennemi mortel de Constantinople <br />
	</strong><br />
	Les relations se d&eacute;grad&egrave;rent entre l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient et les Huns &agrave; partir de 408 lorsque le roi Uldin chercha &agrave; s&rsquo;installer dans les provinces romaines de Thrace et de M&eacute;sie alors que, depuis 400 et le pogrom anti-Goths qui eut lieu &agrave; Constantinople, l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient se m&eacute;fiait du r&ocirc;le politique que pouvait jouer les barbares dans les affaires gouvernementales et non plus dans le domaine militaire. Mais en 430, l&rsquo;empereur d&rsquo;Orient Th&eacute;odose II s&rsquo;engagea &agrave; verser annuellement un lourd tribut aux Huns qui s&rsquo;engag&egrave;rent en &eacute;change &agrave; ne plus lancer de raids contre l&rsquo;Empire d&rsquo;Orient. </p>
<p>	Mais contrairement &agrave; ce que l&rsquo;on aurait pu craindre, les Huns eurent par la suite d&rsquo;excellentes relations avec Rome et devinrent m&ecirc;me des alli&eacute;s pr&eacute;cieux pour lutter contre les autres peuples barbares notamment les Goths d&rsquo;Alaric. En effet, Aetius, officier romain qui avait &eacute;t&eacute; envoy&eacute; comme otage chez les Huns, se lia d&rsquo;amiti&eacute; avec le prince Attila et apprit la culture et les m&oelig;urs de ce terrible peuple nomade. </p>
<p>	Cependant, les Huns demeuraient les plus fid&egrave;les soutiens et alli&eacute;s ind&eacute;fectibles de l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Occident et Aetius, devenu le plus grand g&eacute;n&eacute;ral romain du V&deg;s, Ma&icirc;tre des Milices c&rsquo;est &agrave; dire commandant toutes les arm&eacute;es romaines d&rsquo;occident, les utilisa pour lutter contre les Wisigoths en 427. Puis, il les lan&ccedil;a contre les Francs en 428 puis contre les Burgondes en 430. En peu de temps, les Huns annihil&egrave;rent avec une sauvagerie certaine les royaumes de ces deux peuples. </p>
<p>	Mais si le r&egrave;gne du successeur du roi Mundziuch, Rua, vit la consolidation du royaume et de l&rsquo;&eacute;tat hunnique, c&rsquo;est sous le r&egrave;gne du fils de Rua, Attila, que les Huns acquirent une puissance, une richesse et une renomm&eacute;e in&eacute;gal&eacute;e parmi les peuples barbares. Acc&eacute;dant au pouvoir en 434 &agrave; la mort de son p&egrave;re Rua, qui &eacute;tait &eacute;galement son oncle, Attila r&eacute;gna avec son fr&egrave;re Bl&eacute;da jusqu&rsquo;&agrave; l&rsquo;assassinat de ce dernier par Attila en 445. Mais il semble incontestable qu&rsquo;Attila devait disposer de la totalit&eacute; du pouvoir d&egrave;s 434 puisqu&rsquo;il organisa le noyau d&rsquo;une administration centrale et fixa sa capitale. Son amiti&eacute; personnelle avec Aetius permit &agrave; l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Occident de r&eacute;sister contre les assauts germains et explique le fait que les Huns n&rsquo;attaqu&egrave;rent jamais la partie occidentale de l&rsquo;Empire. </p>
<p>	N&eacute;anmoins, Attila dirigea ses exp&eacute;ditions contre l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Orient. Apr&egrave;s avoir doubl&eacute; puis tripl&eacute; le tribut exig&eacute; de Constantinople qui finalement refusa de payer, Attila lan&ccedil;a ses troupes qui envahirent les Balkans puis d&eacute;vast&egrave;rent la Mac&eacute;doine et la Gr&egrave;ce centrale en 447, et pill&egrave;rent Sirmium. En 449, Th&eacute;odose II, incapable de refouler les hordes hunniques, est finalement contraint d&rsquo;envoyer une ambassade afin de faire cesser les attaques. </p>
<p>	<strong>Un spectaculaire retournement d&rsquo;alliance <br />
	</strong><br />
	Mais un brutal et spectaculaire retournement d&rsquo;alliance diplomatique eut lieu en 450. En effet, la s&oelig;ur de l&rsquo;empereur romain d&rsquo;occident Valentinien III, Honoria, d&eacute;sireuse de se venger de son fr&egrave;re qui avait ordonn&eacute; l&rsquo;ex&eacute;cution de son amant, proposa &agrave; Attila de l&rsquo;&eacute;pouser, faisant ainsi entrer Attila dans la famille imp&eacute;riale. Devant le refus de l&rsquo;empereur de c&eacute;der la main de sa s&oelig;ur, Attila, fort de la l&eacute;gitimit&eacute; de sa demande et du soutien d&rsquo;Honoria, entreprit de tourner son arm&eacute;e contre l&rsquo;Empire d&rsquo;Occident et contre la Gaule. En r&eacute;alit&eacute;, il semble qu&rsquo;il savait pertinemment qu&rsquo;il ne pourrait jamais obtenir ce mariage. Attila recherchait le moindre pr&eacute;texte pour lancer une exp&eacute;dition de razzia et amasser du butin. Ainsi, en 451, remontant le cours du Danube, il franchit le Rhin avec pr&egrave;s de 30 000 cavaliers &agrave; Mayence, ravagea la Belgique, pille Tr&egrave;ves, Metz, avant de se diriger vers Paris, o&ugrave; s&rsquo;organisa la r&eacute;sistance sous la conduite de sainte Genevi&egrave;ve. </p>
<p>	Puis il se tourna vers Orl&eacute;ans mais les Alains r&eacute;cemment install&eacute;s et f&eacute;d&eacute;r&eacute;s par Aetius autour de la ville, dont l&rsquo;inimiti&eacute; envers les Huns avait pour source la destruction de leur royaume en 375, firent vaillamment face et, sous la conduite de l&rsquo;&eacute;v&ecirc;que Aignan, contraignirent Attila &agrave; &eacute;tablir un si&egrave;ge. Mais devant l&rsquo;arriv&eacute;e d&rsquo;une formidable coalition men&eacute;e par Aetius et compos&eacute;e de romains, de Francs, de Burgonde et surtout de Wisigoths, Attila leva le si&egrave;ge et retraita. Rapidement rejoint par ses ennemis, Attila livra la c&eacute;l&egrave;bre bataille des Champs Catalauniques<a href="http://1" target="_blank">1</a> o&ugrave; il fut vaincu. Mais cette d&eacute;faite, bien qu&rsquo;elle frappa les esprits puisqu&rsquo;elle signifiait la fin de l&rsquo;invuln&eacute;rabilit&eacute; hunnique et l&rsquo;union des romains et des barbares contre un p&eacute;ril commun, n&rsquo;amoindrit pas la puissance d&rsquo;Attila mais affaiblit consid&eacute;rablement Aetius qui n&rsquo;avait plus assez de forces militaires. </p>
<p>	Si la Gaule lui &eacute;tait d&egrave;s lors ferm&eacute;e, le roi des Huns se dirigea en 452 vers la p&eacute;ninsule italienne. S&rsquo;il ne put prendre la famille imp&eacute;riale r&eacute;fugi&eacute;e &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieure de la capitale imp&eacute;riale, Ravenne, prot&eacute;g&eacute;e derri&egrave;re des marais, Attila pilla de nombreuses cit&eacute;s importantes dont Aquil&eacute;e, Milan, Pavie, Padoue, Mantoue, V&eacute;rone et songea un instant &agrave; assi&eacute;ger Rome. Mais le Pape L&eacute;on Ier lui proposa en &eacute;change de la Ville &Eacute;ternelle un tribut et la main de la princesse Honoria. Satisfait, ayant obtenu la main de sa promise, Attila repartit contrer l&rsquo;attaque de l&rsquo;empereur d&rsquo;Orient Marcien sur le cours moyen du Danube. C&rsquo;est l&agrave; qu&rsquo;Attila mourut subitement en 453 au cours d&rsquo;un festin. </p>
<p>	<strong>Une disparition rapide <br />
	</strong><br />
	D&egrave;s lors, l&rsquo;&Eacute;tat et le royaume hunnique d&eacute;clin&egrave;rent rapidement sous les querelles successorales. En effet, les deux fils d&rsquo;Attila, Ellac et Ernac entra en guerre et, profitant des d&eacute;sordres, les peuples germains soumis par les Huns &#8211; Ostrogoths, G&eacute;pides, Ruges, H&eacute;rules, Skires &#8211; reprirent leurs ind&eacute;pendances et form&egrave;rent une vaste coalition anti-hunnique dirig&eacute;e par le roi des G&eacute;pides Ardaric. Pendant l&rsquo;affrontement sur le fleuve Nedao en 454, pr&egrave;s de la Pannonie, Ellac trouva la mort. C&rsquo;est alors qu&rsquo;Ernac vit son dernier fr&egrave;re, Dengizik, revendiquer &agrave; son tour le tr&ocirc;ne. Cela engendra une nouvelle guerre fratricide qui accentua le d&eacute;clin irr&eacute;m&eacute;diable des Huns. </p>
<p>	Leur vaste royaume s&rsquo;&eacute;tant effondr&eacute; avec l&rsquo;ind&eacute;pendance de leurs anciens vassaux, le peuple Hun se divisa, se morcela et se dispersa rapidement. On trouve des tribus qui sont demeur&eacute;s en Pannonie mais sous le tribut de Rome. Le roi Ostrogoth Th&eacute;odoric Ier engagea dans ses troupes une petite bande de Huns dirig&eacute;s par Mundo qui se trouvait alors en M&eacute;sie. D&rsquo;autre s&rsquo;install&egrave;rent au sud du Danube et servirent un temps l&rsquo;Empire d&rsquo;Orient. Le reste repartit vers l&rsquo;Ukraine. </p>
<p>	A partir de 491, les Huns se perdent d&eacute;finitivement dans la brume de l&rsquo;histoire puisque dor&eacute;navant plus aucune sources historiques ou arch&eacute;ologiques ne les mentionn&egrave;rent. Devenus fortement minoritaires, on peut &eacute;mettre l&rsquo;hypoth&egrave;se qu&rsquo;ils furent probablement amalgam&eacute;s puis int&eacute;gr&eacute;s parmi d&rsquo;autres peuples autochtones. </p>
<p>	<strong>Chronologie </p>
<p>	</strong>73-91 : guerre des Huns en Chine. <br />
	316 : les Hsiung-nu envahissent le nord de la Chine. <br />
	350 : les Huns envahissent la Perse et l&rsquo;Inde. <br />
	352-354 : guerre des Huns contre les Alains. <br />
	357 : les Alains rallient l&rsquo;arm&eacute;e des Huns en Asie occidentale. <br />
	371 : l&rsquo;empire des Ostrogoths est aux mains des Huns. <br />
	375 : forte pouss&eacute;e des Huns qui d&eacute;truisent le royaume ostrogoth en Russie du Sud. <br />
	376 : les Wisigoths qui occupent une partie de la Dacie depuis 150 ans, demandent aux Romains sous la pression des Huns, l&rsquo;autorisation de traverser le bas Danube. La permission est accord&eacute;e. <br />
	378 : invasion de la Thrace, avec de nombreux autres peuples (dont les Taifales) <br />
	410 : naissance d&rsquo;Attila, roi des Huns. <br />
	422 : l&rsquo;empereur Th&eacute;odose II accepte de payer un tribut aux Huns en &eacute;change de la paix. <br />
	423 : 40 000 Huns sont incorpor&eacute;s comme mercenaires dans l&rsquo;arm&eacute;e romaine. <br />
	423 : Rome c&egrave;de aux Huns la province de Savie. <br />
	430 : les Huns hephtalites, &eacute;tablis en Asie centrale, attaquent la Perse. <br />
	430 : Byzance paie un tribut annuel de 113 kg d&rsquo;or aux Huns. <br />
	434 : d&eacute;but du r&egrave;gne d&rsquo;Attila, roi des Huns (fin en 453). <br />
	434 : Ruga partage l&rsquo;empire des Huns entre ses deux neveux Attila et son fr&egrave;re Bleda avant de mourrir. <br />
	434 : les Huns doublent le tribut de Rome (226 kg d&rsquo;or). <br />
	434 : les arm&eacute;es de Th&eacute;odose II sont d&eacute;faites par les Huns en Thrace. <br />
	436 : les Burgondes sont battus &agrave; Worms par les Huns mercenaires de l&rsquo;empire romain. <br />
	441 : Attila &eacute;carte son fr&egrave;re Bl&eacute;da et devient le seul monarque des Huns. <br />
	447 : les Huns conduits par Attila traversent le Danube, envahissent la Thrace. <br />
	447 : les Huns forcent les Romains &agrave; payer un lourd tribut (le triple du pr&eacute;c&eacute;dent) <br />
	447 : les Huns obligent les Romains &agrave; se retirer d&rsquo;une large bande de terre sur les bords du fleuve. <br />
	451 : Attila, roi des Huns, envahit la Gaule. Il est battu aux champs Catalauniques (pr&egrave;s de Troyes) par le g&eacute;n&eacute;ral romain Aetius, aid&eacute; par les Francs et les Wisigoths. <br />
	451 : les Huns contournent Paris. Ce miracle est attribu&eacute; &agrave; sainte Genevi&egrave;ve. <br />
	452 : la ville de Venise est fond&eacute;e par des r&eacute;fugi&eacute;s de Padoue et d&rsquo;Aquil&eacute;e qui fuient les Huns. <br />
	452 : les Huns envahissent l&rsquo;Italie et mettent &agrave; sac plusieurs villes du Nord de l&rsquo;Italie, dont Padoue et V&eacute;rone. <br />
	455 : fin de l&rsquo;Empire des Huns en Europe. <br />
	455 : Skandagupta d&eacute;fait l&rsquo;invasion des Huns et devient empereur des Indes. <br />
	465 : les Huns conqui&egrave;rent la plaine de Gandhara en Inde du Nord. <br />
	475 : les Huns battent les arm&eacute;es de l&rsquo;Empire Gupta et mettent fin &agrave; cet empire. <br />
	477 : Sakala devient la capitale des Huns dans l&rsquo;Inde du Nord. <br />
	484 : les Huns d&eacute;font les Perses command&eacute;s par le roi P&eacute;r&ocirc;z. <br />
	565 : les Perses et les Turcs combattent ensemble contre les Huns Hephtalites et se partagent la Bactriane conquise en commun. <br />
	800 : l&rsquo;&eacute;trier, d&eacute;j&agrave; connu des Huns, appara&icirc;t en Occident.<br />
	&nbsp;</p>
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		<title>Lexique de mots en cuisine médiévale</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 15:20:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Petit vocabulaire pour comprendre les recettes de cuisine en ancien fran&#231;ais. Chaque &#233;poque et chaque corps de m&#233;tier a son propre vocabulaire qui est souvent du jargon pour le non initi&#233;. Pour lire plus facilement les recettes m&#233;di&#233;vales fran&#231;aises dans l&#39;ancien fran&#231;ais d&#39;origine, voici un petit glossaire ou lexique de termes culinaires importants. Nous avons [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify">
	<span style="background-color: #add8e6">Petit vocabulaire pour comprendre les recettes de <span id="more-4086"></span>cuisine en ancien fran&ccedil;ais. Chaque &eacute;poque et chaque corps de m&eacute;tier a son propre vocabulaire qui est souvent du jargon pour le non initi&eacute;. Pour lire plus facilement les recettes m&eacute;di&eacute;vales fran&ccedil;aises dans l&#39;ancien fran&ccedil;ais d&#39;origine, voici un petit glossaire ou lexique de termes culinaires importants. Nous avons regroup&eacute; ces mots de la cuisine par th&egrave;mes, pour faciliter la compr&eacute;hension des op&eacute;rations culinaires d&eacute;crites.</p>
<p>	</span><strong>1 &#8211; Pr&eacute;paration des plats </p>
<p>	</strong>* Aguiser = relever.<br />
	* Couler par l&#39;estamine = passer &agrave; l&#39;&eacute;tamine. Le mot est souvent employ&eacute; seul : pren&eacute;s pain brull&eacute;, et vin, et bouillon de buef; coul&eacute;s, boull&eacute;s ensemble, Boussac de li&egrave;vre, Taillevent.<br />
	* Deffaire de verjus = d&eacute;layer avec du verjus.<br />
	* Despecier = d&eacute;couper en morceaux.<br />
	* Destramper de vin = d&eacute;layer ou tremper dans du vin ou mouiller.<br />
	* Gratuser = r&acirc;per avec une r&acirc;pe (gratuise).</p>
<p>	<strong>2 &#8211; Cuisson des plats </p>
<p>	</strong>* Boulir ou boullir= bouillir.<br />
	* Frioler au feu = faire revenir au feu.<br />
	* Frisier = faire frire.<br />
	* Harler sur le gril = faire dorer sur le gril.<br />
	* Parboulir ou Pourboulir = &eacute;bouillanter, portez &agrave; &eacute;bullition ou faire bouillir un court instant : le mectez pourboulir une onde, M&eacute;nagier de Paris. Ce mot est souvent utilis&eacute; pour d&eacute;crire le simple fait de blanchir une viande, de donner &quot;un tour de bouillon&quot;, op&eacute;ration utile pour attendrir des viandes trop fra&icirc;ches ou pour nettoyer les viandes avant cuisson.<br />
	* Roidir sur bon feu = faire saisir sur un bon feu.<br />
	* Souffrire = faire revenir : l&#39;en dit seurfrire pour ce que c&#39;est en un pot et se c&#39;estoit en une paelle de fer, l&#39;en diroit frire (on dit souffire quand c&#39;est dans un pot, si c&#39;&eacute;tait dans une poelle, on dirait frire), M&eacute;nagier de Paris. Quelle diff&eacute;rence entre souffire, frire et frioler ? Terence Scully traduit souffire par faire frire rapidement et l&eacute;g&egrave;rement, faire sauter une viande ou un l&eacute;gume.<br />
	Souffrire est-il un parent du sofregit catalan et du soffrito italien ? Le sofregit et le soffrito d&eacute;signent l&#39;action de faire revenir ensemble lard, oignons, herbes ou &eacute;pices, l&eacute;gumes. Souffrire ne semble pas &ecirc;tre employ&eacute; chez Taillevent ou le M&eacute;nagier de Paris de mani&egrave;re aussi sp&eacute;cifique. Il s&#39;agit, semble-t-il, d&#39;un simple synonyme de &quot;faire revenir&quot; des produits plus vari&eacute;s qu&#39;en Catalogne et Italie.</p>
<p>	<strong>3 &#8211; Les mati&egrave;res grasses </p>
<p>	</strong>Il n&#39;est pas toujours facile de faire la diff&eacute;rence entre les mati&egrave;res grasses utilis&eacute;es au Moyen Age. Le mot huile ou huille renvoie certainement &agrave; l&#39;huile d&#39;olive, l&#39;huile de noix n&#39;&eacute;tant pas propice aux cuissons fortes. On le rencontre en g&eacute;n&eacute;ral pour les fritures ou dans les recettes de poissons et de l&eacute;gumes pour jours maigres. </p>
<p>	Mais quelle diff&eacute;rence entre gresse, sain, sain de lart ou sain de porc doulx ? </p>
<p>	Mr et Mme Hameau, charcutiers &agrave; Mortagne au Perche dans l&#39;Orne et amateurs d&#39;histoire, nous ont aid&eacute; &agrave; y voir plus clair :<br />
	* Gresse ou greysse = graisse. Ce mot est utilis&eacute; pour d&eacute;signer la graisse de tous les animaux : lapin, mouton, porc, b&oelig;uf.<br />
	* Sain ou saing = graisse. Ce mot semble r&eacute;serv&eacute; &agrave; la graisse de porc. Le Mesnagier de Paris donne une d&eacute;finition qui ne correspond &agrave; rien de sp&eacute;cifique pour un charcutier moderne : le sain est le sain <a href="http://= graisse" target="_blank">= graisse</a> qui est entre les boyaulx et la haste menue <a href="http://= rate" target="_blank">= rate</a>.</p>
<p>	Les historiens traduisent g&eacute;n&eacute;ralement sain et sain de lart par saindoux. Mais le manuscrit du Vatican du Viandier de Taillevent, &agrave; la recette de Lassis de blanc de chappon, explique : fault des amendes blanches pel&eacute;es et les frire en sain de lart ou en sain de porc doulz. Nous avons bien des produits diff&eacute;rents. C&#39;est pourquoi nous proposons les traductions suivantes :<br />
	* Saing blanc (Ma&icirc;tre Chiquart) = saindoux<br />
	* Sain de porc doulx = saindoux. Il s&#39;agit de la graisse de porc fabriqu&eacute;e &agrave; partir de la panne, qui se trouve sur la poitrine du porc et sur la cavit&eacute; intestinale (des c&ocirc;tes au diaphragme). C&#39;est une graisse blanche tr&egrave;s fine et pure, qui fond rapidement. Cette graisse de panne fondue s&#39;appelle saindoux et peut se garder 2 ans sans rancir.<br />
	* Sain de lart = le gras issu du lard qui se trouve sur le dos du cochon, de la t&ecirc;te au jambon. Ce lard h&acirc;ch&eacute; donne une graisse plus longue &agrave; cuire et moins fine que la graisse de la panne. </p>
<p>	Les cochons, dans les si&egrave;cles pass&eacute;s, n&#39;avaient pas encore &eacute;t&eacute; s&eacute;lectionn&eacute;s pour donner de la viande maigre. Ils &eacute;taient plus gras que les cochons actuels. Le cuisinier m&eacute;di&eacute;val a donc une vraie comp&eacute;tence en mati&egrave;re de vari&eacute;t&eacute;s de graisse de porc, comme le cuisinier moderne est capable de s&eacute;lectionner et diff&eacute;rencier ses huiles v&eacute;g&eacute;tales en fonction des produits &agrave; cuisiner. </p>
<p>	<strong>4 &#8211; Les produits </p>
<p>	</strong>* Eaue de char = bouillon de viande.<br />
	* Jour de char = jour gras pendant lequel on a le droit de manger de la viande (par opposition &agrave; jour maigre o&ugrave; les produits carn&eacute;s sont interdits et remplac&eacute;s par du poisson).<br />
	* Grain ou grein = partie solide du potage, par opposition &agrave; la sauce.<br />
	* L&egrave;ches de pain = tranches de pain.<br />
	* Moyeux d&#39;&oelig;ufs = jaunes d&#39;&oelig;ufs.<br />
	* Pain brull&eacute; = pain grill&eacute;.<br />
	* Pur&eacute;e de pois = bouillon de cuisson des pois ou partie liquide du plat de pois.</p>
<p>	<strong>5 &#8211; Les noms de recettes <br />
	</strong><br />
	* Brouet = brewet ou bruet en anglais, broet ou brouvet en catalan, brodetto en italien ou brodium en latin, ce mot d&eacute;signe g&eacute;n&eacute;ralement des viandes ou poissons en sauce plus ou moins claire ou li&eacute;e, comme le brouet sarrasinois, le brouet gorg&eacute; (M&eacute;nagier de Paris), le brewet of almonybrodio gallicano (Liber de Coquina) ou Qui parla con se ffa brouvet de galines ab amelles, ho de cabrit (Sent Sovi, CLXXXVI). Jean Louis Flandrin, dans la revue M&eacute;di&eacute;vales de novembre 1983, tente une analyse de 134 recettes fran&ccedil;aises, anglaises, italiennes et catalanes, sans parvenir &agrave; une classification claire du mot.<br />
	* Patisserie = p&acirc;t&eacute;.<br />
	* Potage ou potaige = concept flou qui pourrait se d&eacute;finir par un met pr&eacute;par&eacute; dans un pot. Mais tous les mets cuits dans un pot ne sont pas des potages ! Et tous les potages ne sont pas class&eacute;s dans la rubrique potage : le M&eacute;nagier de Paris classe un potage parti, faux grenon (246) dans la rubrique Entremets. Le potage peut &ecirc;tre tr&egrave;s liquide ou au contraire ressembler &agrave; un rago&ucirc;t. Il peut &ecirc;tre &agrave; base de l&eacute;gumes comme la por&eacute;e ou &agrave; base de viande comme le hochepot de volaille ou le brouet de canelle. Le mot de potage est tout aussi flou dans la cuisine anglaise et ne se retrouve pas dans la cuisine italienne. Et le Sent Sovi au chapitre 42 appelle sa recette de b&oelig;uf r&ocirc;ti : Qui parla con se deuen donar los potatges en convit.<br />
	* Restaurant = pr&eacute;paration pour malades, fortifiant (Ma&icirc;tre Chiquart).<br />
	* Soupe ou souppe = pr&eacute;paration de tranches de pain avec une sauce.<br />
	* Viande = nourriture, aliment.<br />
	&nbsp;</p>
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		<title>Le byssus, le tissu venu de la mer</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 15:18:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Ce tissu venu de la mer n&#39;est ni une l&#233;gende, ni un miracle. C&#39;est une simple v&#233;rit&#233;. Du moins, une v&#233;rit&#233; simple &#224; apprendre pour qui regarde la nature avec la conscience de pouvoir y trouver d&#39;infinies merveilles. Face &#224; la page blanche de l&#39;Histoire, l&#39;homme antique aurait eu une telle conscience. Disons que pour [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">
	Ce tissu venu de la mer n&#39;est ni une l&eacute;gende, ni un miracle. C&#39;est une simple v&eacute;<span id="more-2732"></span>rit&eacute;. Du moins, une v&eacute;rit&eacute; simple &agrave; apprendre pour qui regarde la nature avec la conscience de pouvoir y trouver d&#39;infinies merveilles. </p>
<p>	Face &agrave; la page blanche de l&#39;Histoire, l&#39;homme antique aurait eu une telle conscience. Disons que pour lui, la nature &eacute;tait le point focal du sentiment religieux, voire le point d&#39;appui de sa sensibilit&eacute; et de son intelligence. Ainsi, les premiers peuples M&eacute;diterran&eacute;ens &eacute;taient si li&eacute;s &agrave; la mer qu&#39;ils ont pu, face &agrave; cet infini, engendrer nos d&eacute;finitives civilisations. Celles-ci ne se pouvaient d&eacute;velopper que par diverses interactions avec d&#39;autres cultures, parfois lointaines. Une de ces interactions est le byssus, ou Soie de Mer. </p>
<p>	Il para&icirc;t vain de vouloir dater et localiser pr&eacute;cis&eacute;ment les origines de cette production : il faut remonter aux cultures primales qui, entre M&eacute;diterran&eacute;e et Levant ont tiss&eacute; des relations interactives dont la trame semble aujourd&#39;hui impossible &agrave; d&eacute;m&ecirc;ler. </p>
<p>	Il est certain, cependant, que l&#39;Ancien Testament &eacute;voque la soie de mer et la pourpre marine : Salomon (Chroniques, II&deg; chant) demande au roi de Tyr (Ph&eacute;nicie &#8211; Liban) de lui fournir un ma&icirc;tre-artisan habile au tissage du byssus et aux teintures violettes ou cramoisies faites avec la pourpre du murex. Un autre passage r&eacute;v&egrave;le que les l&eacute;vites du choeur &eacute;taient v&ecirc;tus de byssus. </p>
<p>	<font style="background-color: #ccffff">L&#39;ensemble du texte biblique contient rien moins que 45 versets &eacute;voquant le byssus.</font> </p>
<p>	Des tisserands-teinturiers Chald&eacute;ens ou Egyptiens aux ing&eacute;nieux Cr&eacute;tois et aux navigateurs-marchands Ph&eacute;niciens, tous furent les protagonistes de la saga mill&eacute;naire de ce tissu fabuleux&#8230; </p>
<p>	C&#39;est la Pinna nobilis, un grand mollusque bivalve, qui produit des touffes de filaments lesquels, gr&acirc;ce &agrave; de m&eacute;ticuleux traitements &#8211; cardage, lavage et filage &#8211; peuvent former un tissu luxurieux, soyeux au toucher, d&#39;une extr&ecirc;me finesse (les filaments se peuvent &eacute;tirer sans perte de r&eacute;sistance jusqu&#39;&agrave; un diam&egrave;tre de 2/100 de millim&egrave;tre), d&#39;un aspect remarquablement brillant et, enfin, ignifuge. Les anciens, en p&ecirc;chant de grande quantit&eacute;s du mollusque, pouvaient obtenir suffisamment de fil pour tisser ou broder des v&ecirc;tements vou&eacute;s aux personnes des plus hauts rangs religieux ou politiques, voire aux h&eacute;ta&iuml;res ou autres danseuses : pour para&icirc;tre v&ecirc;tu d&#39;une aura lumineuse il suffisait d&#39;endosser un v&ecirc;tement de byssus. Il y eut donc une v&eacute;ritable industrie du byssus, parall&egrave;le &agrave; celle de la pourpre et utilisant pareillement une main-d&#39;oeuvre abondante et bon march&eacute;, tir&eacute;e de l&#39;&eacute;norme population des esclaves. </p>
<p>	<strong>Le grand bivalve vit en eau peu profonde. <br />
	</strong><br />
	On le p&ecirc;chait intensivement &agrave; l&#39;aide d&#39;un instrument, mentionn&eacute; par Pline sous le nom de pernilegum, qui permettait de saisir la coquille entre deux tiges de fer courb&eacute;es et formant pince &agrave; l&#39;extr&eacute;mit&eacute; d&#39;un manche de longueur variable. Le p&ecirc;cheur n&#39;avait qu&#39;&agrave; ins&eacute;rer la coquille entre les deux branches du pernilegum et &agrave; imprimer &agrave; l&#39;engin une rotation de 90&deg; pour arracher la grande nacre au fond marin. Le pernilegum &eacute;tait utilis&eacute; par les p&ecirc;cheurs de Tarente (Italie) mais il en existait plusieurs variantes. Ailleurs, une corde &agrave; noeud coulant pouvait suffire mais n&eacute;cessitait deux op&eacute;rateurs : un plongeur pour attacher la corde au coquillage et un matelot pour remonter la prise &agrave; bord de l&#39;embarcation. </p>
<p>	Mais, quel que soit l&#39;appareillage utilis&eacute;, la houppe de la grande nacre &eacute;tait r&eacute;colt&eacute;e enti&egrave;re, en ouvrant la coquille et en taillant les filaments &agrave; la base. Ce pr&eacute;l&egrave;vement permettait d&#39;obtenir toute la longueur des fibres disponibles &#8211; soit jusqu&#39;&agrave; 25 centim&egrave;tres &#8211; mais entra&icirc;nait la mort de l&#39;animal. </p>
<p>	Les houppes r&eacute;colt&eacute;es, chacune pesant environ 1,5 grammes, subissaient pendant 12 jours une s&eacute;rie de lavages &agrave; l&#39;eau douce, visant &agrave; les dessaler et &agrave; conf&eacute;rer aux filaments toute leur &eacute;lasticit&eacute;. Alternativement les houppes &eacute;taient mises &agrave; s&eacute;cher dans un endroit suffisamment ventil&eacute; et abrit&eacute; de la lumi&egrave;re. </p>
<p>	Le traitement suivant consistait en un bain d&#39;urine de vache, destin&eacute; &agrave; &eacute;claircir la teinte des fibres et, donc, &agrave; en accro&icirc;tre la luminosit&eacute;. A une &eacute;poque plus proche de nous, quand les agrumes eurent conquis le monde m&eacute;diterran&eacute;en, l&#39;urine fut remplac&eacute;e par le jus de citron, pour un bain de 36 heures et pour le m&ecirc;me effet. </p>
<p>	Apr&egrave;s une autre s&eacute;rie de lavages aux herbes saponaires et de s&eacute;chages &agrave; l&#39;ombre, les flocons de byssus pr&eacute;sentaient encore des impuret&eacute;s et des incrustations. </p>
<p>	Pour &eacute;liminer ces derni&egrave;res, le cardage se faisait en deux temps, avec deux instruments diff&eacute;rents : d&#39;abord une planche &agrave; carder munie de clous, puis une brosse &agrave; carder plus fine. </p>
<p>	Apr&egrave;s cardage &#8211; les m&egrave;ches soyeuses et dor&eacute;es ayant alors perdu les 5/6 de leur poids &#8211; on proc&eacute;dait au filage. Il fallait un toucher particuli&egrave;rement sensible et l&eacute;ger pour filer les fibres, si subtiles qu&#39;elles semblent impalpables. Cette t&acirc;che d&eacute;licate ne pouvait &ecirc;tre confi&eacute;e qu&#39;aux doigts doux et agiles de toutes jeunes filles, encore indemnes de durs travaux. </p>
<p>	Les fuseaux utilis&eacute;s, d&#39;une longueur d&#39;environ 30 centim&egrave;tres, &eacute;taient lest&eacute;s de plomb tels ceux typiques de Tarente ou de Chypres. On produisait soit un fil lisse, destin&eacute; &agrave; la broderie, soit un fil double torsad&eacute;, plus r&eacute;sistant et donc adapt&eacute; au tissage. Cette ultime &eacute;tape de fabrication &eacute;tait r&eacute;alis&eacute; sur m&eacute;tier soit vertical &#8211; tel ceux de la Gr&egrave;ce et de la Perse &#8211; soit horizontal, tels ceux de la M&eacute;sopotamie. </p>
<p>	<font style="background-color: #ccffff">250 g. de fil n&eacute;cessitent le sacrifice d&#39;un millier de grandes nacres. <br />
	</font><br />
	Seule la pourpre &eacute;tait digne de teindre le fil d&#39;or tir&eacute; du fond de la mer. La pourpre (dibromure d&#39;indigo) est le produit de glandes sp&eacute;cialis&eacute;es du murex, mollusque &agrave; la coquille spiral&eacute;e, dure, cannel&eacute;e et h&eacute;riss&eacute;e de pointes. </p>
<p>	Pour optimiser la production de teinture, les murex &eacute;taient r&eacute;colt&eacute;s &agrave; la p&eacute;riode de f&eacute;condation, qui donne lieu &agrave; d&#39;immenses rassemblements aux pleines lunaisons de mars et juin. Il n&#39;est pas indiff&eacute;rent que le &quot;byssus&quot; et sa teinture soient tous deux produits d&#39;un m&ecirc;me milieu. </p>
<p>	Chaque printemps, les p&ecirc;cheurs de pourpres, &eacute;quip&eacute;s d&#39;une petite nasse tress&eacute;e, exploitaient donc les bas-fonds du littoral. Les masses de coquillage r&eacute;colt&eacute;s constituent pr&egrave;s des antiques cit&eacute;s m&eacute;diterran&eacute;ennes de l&#39;Afrique, du Levant et de l&#39;Europe, de v&eacute;ritables collines qui attestent encore tant de la large r&eacute;partition de la production que de son importance. </p>
<p>	Un certain coup de main est n&eacute;cessaire pour rompre d&#39;un coup sec la dure coquille sans &eacute;craser son occupant : il faut pouvoir pr&eacute;lever les glandes purpurig&egrave;nes, localis&eacute;es pr&egrave;s de l&#39;intestin de l&#39;animal et caract&eacute;ris&eacute;es par une odeur naus&eacute;abonde. Enrob&eacute;es de sel marin, les glandes mac&eacute;raient 3 jours dans d&#39;&eacute;normes jarres d&#39;argile. Le produit de la mac&eacute;ration &eacute;tait augment&eacute; d&#39;eau douce en proportion de 1 pour 2, avant d&#39;&ecirc;tre mis &agrave; cuire. La cuisson durait 10 jours et devait &ecirc;tre parfaitement contr&ocirc;l&eacute;e comme l&#39;indique le dispositif utilis&eacute; : un chaudron de plomb plac&eacute; dans une fosse garnie de brique, chauff&eacute;e par une conduite horizontale qui la relie &agrave; un four distant. A l&#39;aide de louches perfor&eacute;es, on rejetait les fragments de murex pour obtenir un bain de teinture parfaitement liquide. Les coloris obtenus variaient du bleu azur&eacute; au rose tendre, du rouge sanguin au violet presque noir. </p>
<p>	Le d&eacute;clin de la production pourtant florissante du byssus commence d&egrave;s le r&egrave;gne de l&#39;empereur Justinien (an 500 de notre &egrave;re) quand deux moines persans port&egrave;rent &agrave; la cour de Constantinople les plants de m&ucirc;riers et les oeufs de vers &agrave; soie qu&#39;ils avaient &quot;obtenus&quot; aux confins de la Chine. </p>
<p>	Rapidement, la production de la soie &quot;terrestre&quot; fut d&#39;abord d&eacute;velopp&eacute;e en l&#39;&icirc;le de Chio. Elle gagne ensuite la Sicile, puis l&#39;ensemble des rives m&eacute;diterran&eacute;ennes. Contre le vers du m&ucirc;rier, la grande nacre n&#39;a aucune chance : au niveau de la ressource, la production de soie de mer est infiniment plus lente. Le march&eacute; des tissus de luxe va se fermer &agrave; la soie marine dont la fabrication va p&eacute;ricliter pour ne survivre qu&#39;au sein de quelques familles qui s&#39;en transmettront les secrets. On ne fournira plus que des pi&egrave;ces uniques, rarissimes, cr&eacute;&eacute;es en hommage &agrave; de tr&egrave;s hauts personnages ou pour c&eacute;l&eacute;brer des &eacute;v&eacute;nements exceptionnels. </p>
<p>	En Italie m&eacute;ridionale, la cit&eacute; de Tarente avait &eacute;t&eacute; un centre de production de byssus florissant (les auteurs classiques &eacute;voquent les &quot;tarentinides&quot;, v&ecirc;tements l&eacute;gers et moulants, comble d&#39;une lascivit&eacute; jug&eacute;e provocante). Les ateliers de tissage tarentais disparaissent, le pr&eacute;cieux fil ne sera plus utilis&eacute; qu&#39;en broderie. </p>
<p>	Ce qui reste aujourd&#39;hui atteste principalement de la production du byssus de Tarente. On ne compte qu&#39;une centaine de pi&egrave;ces, appartenant &agrave; des mus&eacute;es soit internationaux soit, pour la plupart, italiens. Malheureusement, ces vestiges ne sont g&eacute;n&eacute;ralement que conserv&eacute;s et restent donc hors de vue du public :&quot;Bient&ocirc;t j&#39;eus rev&ecirc;tu mes v&ecirc;tements de byssus &hellip; fabriqu&eacute;s avec les filaments lustr&eacute;s et soyeux qui rattachent aux rochers les &quot;jambonneaux&quot;, sortes de coquilles tr&egrave;s abondantes sur les rivages de la M&eacute;diterran&eacute;e. Autrefois, on en faisait de belles &eacute;toffes, des bas, des gants, car ils &eacute;taient &agrave; la fois tr&egrave;s moelleux et tr&egrave;s chauds.&quot; Jules Verne &#8211; 20.000 Lieues sous les Mers </p>
<p>	On peut admirer au Museum f&uuml;r Naturkunde de Berlin une paire de gants tiss&eacute;s en soie de mer, offerte par l&#39;&eacute;v&ecirc;que de Tarente au roi Fr&eacute;d&eacute;rique Guillaume II lors de sa visite &agrave; Naples en 1822 ; </p>
<p>	Au Field Museum of Natural History de Chicago est expos&eacute; un manchon acquis &agrave; Tarente en 1893 pour l&#39;Exposition Mondiale de Chicago. C&#39;est un travail dit &quot;&agrave; fa&ccedil;on de fourrure&quot; utilisant les houppes enti&egrave;res, cousues couches apr&egrave;s couches sur un support tiss&eacute;, r&eacute;sultant en une apparence de fourrure dot&eacute;e de la brillance dor&eacute;e caract&eacute;ristique des fils du byssus; </p>
<p>	D&#39;autres vestiges beaucoup plus anciens sont encore visibles, soit dans de rares &eacute;glises d&#39;Europe, soit lors d&#39;expositions ponctuelles faisant suite &agrave; des trouvailles arch&eacute;ologiques. La provenance de ces pi&egrave;ces ne se peut d&eacute;terminer avec pr&eacute;cision, mais on peut estimer qu&#39;elles viennent du centre de la M&eacute;diterran&eacute;e (probablement des Pouilles, de Sardaigne ou de Sicile). On compte parmi ces raret&eacute;s : </p>
<p>	Un bonnet de mailles 100% byssus, dat&eacute; du XIV&deg; si&egrave;cle et retrouv&eacute; &agrave; Saint-Denis (France) o&ugrave; il est conserv&eacute; au Mus&eacute;e d&#39;Art et d&#39;Histoire ;&nbsp; une chasuble dite de Saint-Yves, conserv&eacute;e en la basilique de Saint-Yves &agrave; Louannec (Bretagne). Datant du XII&deg; si&egrave;cle, de fa&ccedil;on hispano-mauresque, ce v&ecirc;tement d&#39;apparat est enti&egrave;rement brod&eacute; de griffons et d&#39;Arbres de Vie. Ce motif est r&eacute;current dans l&#39;iconographie traditionnelle de l&#39;&icirc;le de Sant&#39;Antioco (Sardaigne). En supposant que telle est l&#39;origine de l&#39;ouvrage, il est facile d&#39;imaginer comme vecteur les moines b&eacute;n&eacute;dictins de Saint-Victor de Marseille, qui restaur&egrave;rent le sanctuaire de Sant&#39;Antioco au XII&deg; si&egrave;cle. </p>
<p>	La carte d&#39;identit&eacute; de la Pinna nobilis</p>
<p align="justify">
	Repr&eacute;sentant des mollusques bivalves de la Mer M&eacute;diterran&eacute;e, dont il est un des end&eacute;miques remarquables, du moins par sa taille qui peut d&eacute;passer le m&egrave;tre. </p>
<p>	Les plongeurs le trouvent entre 3 et 30 m&egrave;tres, sur les bas-fonds sableux que couvrent les prairies de posidonies. </p>
<p>	Les grandes coquilles sont de couleur marron-gris, leur surface rugueuse est couverte d&#39;algues, de diatom&eacute;es et autres menues cr&eacute;atures s&eacute;dentaires. La Pinna nobilis peut para&icirc;tre inactive mais, pour assurer son alimentation en plancton elle filtre tout de m&ecirc;me 6 litres d&#39;eau &agrave; l&#39;heure. </p>
<p>	Un examen attentif r&eacute;v&egrave;le que les coques forment une charni&egrave;re normalement ouverte d&#39;&agrave; peine un centim&egrave;tre. Tout ce qui passe par cette ouverture fait les d&eacute;lices de l&#39;animal. </p>
<p>	Le deux coques sont triangulaires, cun&eacute;iformes. Celles du m&acirc;le se distinguent par un pan plus rectiligne. Fines et fragiles, elles se composent de trois couches : l&#39;externe de nature corn&eacute;e et dure, l&#39;interm&eacute;diaire form&eacute;e de prismes de calcaire, l&#39;interne de nacre teint&eacute;e de jaune &agrave; rouge dans la partie inf&eacute;rieure et d&#39;aspect vitreux dans la partie sup&eacute;rieure. </p>
<p>	La Pinna nobilis se reproduit gr&acirc;ce &agrave; la collaboration d&#39;une algue spongieuse, la Padina pavonia, qui loge &agrave; l&#39;int&eacute;rieur de la grande coquille et qui, en guise de loyer, assure au mois de mai la collecte et la prolif&eacute;ration des gam&egrave;tes qu&#39;elle n&#39;abandonne au flux marin qu&#39;au moment le plus favorable. Le stade larvaire dure de 5 &agrave; 10 jours. Il est &eacute;vident que plus les exemplaires de Pinna nobilis abondent sur le bas-fond, plus grandes sont leurs probabilit&eacute;s de f&eacute;condation et que, dans le cas contraire, la renouvellement de la population peut &ecirc;tre compromis. </p>
<p>	Les conditions optimales au maintien d&#39;une densit&eacute; suffisante des bancs sont essentiellement :une bonne luminosit&eacute;, une eau non pollu&eacute;e parcourue d&#39;un courant lent et r&eacute;gulier assurant un apport nutritionnel suffisant, la vitalit&eacute; des prairies de posidonies, que menacent aujourd&#39;hui les pollutions d&#39;origine humaine. </p>
<p>	<font style="background-color: #ccffff">La chair de la Pinna nobilis est parfaitement comestible et, pour sa saveur piquante, elle est m&ecirc;me r&eacute;put&eacute;e aphrodisiaque. </p>
<p>	L&#39;esp&egrave;ce est prot&eacute;g&eacute;e par une directive europ&eacute;enne de 1992, sa p&ecirc;che est donc strictement interdite. <br />
	</font><br />
	Contrairement aux autres repr&eacute;sentants de la famille des Mytilac&eacute;s, qui s&#39;attache aux rochers, la Pinna nobilis plante la pointe de sa coquille dans la vase du bas-fond o&ugrave;, si les conditions le permettent, elle peut former de grands bancs. </p>
<p>	On a longtemps cru que la masse fibreuse dont on tire la Soie de Mer servait d&#39;ancre &agrave; l&#39;animal, &agrave; la fa&ccedil;on des racines v&eacute;g&eacute;tales. Mais il appara&icirc;t que les 25 centim&egrave;tres de coquille enfonc&eacute;s dans le sol suffisent &agrave; cette fonction, au point de rendre difficile la r&eacute;colte du mollusque. A la diff&eacute;rence de ceux des autres bivalves, les filaments sont par ailleurs d&eacute;pourvus de disque d&#39;ancrage. Il est donc possible que la touffe ne soit que le produit des d&eacute;jections alimentaires du mollusque. </p>
<p>	Constitu&eacute;es essentiellement d&#39;albumine, les fibres r&eacute;sultent de la transformation et du durcissement d&#39;une bave s&eacute;cr&eacute;t&eacute;e par une glande &#8211; dite &quot;glande &agrave; byssus&quot; &#8211; situ&eacute;e pr&egrave;s du pied linguiforme qui permet &agrave; la Pinna nobilis de se d&eacute;placer. La salinit&eacute; ambiante transforme cette s&eacute;cr&eacute;tion en masse fibreuse, laquelle appara&icirc;t &agrave; une vingtaine de centim&egrave;tres au-dessus de la pointe du coquillage et se renouvelle spontan&eacute;ment tous les 2 ans. <br />
	&nbsp;</p>
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		<title>L’organisation de l’ost breton au XVe</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Oct 2011 11:57:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>beaujarret</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Cette pr&#233;sentation a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; partir du m&#233;moire de ma&#238;trise de Olivier PERRIER (Universit&#233; de Rennes II 1987-1988) concernant l&#8217;organisation de l&#8217;arm&#233;e de campagne des ducs bretons au XVe si&#232;cle (de Jean V &#224; Fran&#231;ois II). Au XIVe et XVe si&#232;cle, le mot &#34;Lance&#34; correspond &#224; un chevalier ou un escuyer, en armure, mont&#233; [...]]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">
	<font size="2"><strong><em>Cette pr&eacute;sentation a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e &agrave;<span id="more-1699"></span> partir du m&eacute;moire de ma&icirc;trise de Olivier PERRIER (Universit&eacute; de Rennes II 1987-1988) concernant l&rsquo;organisation de l&rsquo;arm&eacute;e de campagne des ducs bretons au XVe si&egrave;cle (de Jean V &agrave; Fran&ccedil;ois II). <br />
	</em></strong><br />
	Au XIVe et XVe si&egrave;cle, le mot &quot;Lance&quot; correspond &agrave; un chevalier ou un escuyer, en armure, mont&eacute; et muni&#8230;d&rsquo;une lance. Or ce personnage ne se d&eacute;place pas seul. Il est accompagn&eacute; d&rsquo;autres combatants moins bien arm&eacute;s que lui, moins &eacute;quip&eacute;s, voire poss&eacute;dant des armes de trait. La &quot;lance&quot; est donc en fait un groupe de combat tactique. Sa composition exacte varie avec le temps, l&rsquo;organisation se faisant plus pr&eacute;cise vers la fin du XVe si&egrave;cle. </p>
<p>	L&rsquo;&quot;escuyer&quot; est un personnage de la plus basse noblesse possible (et souvent pauvre, surtout en Bretagne). Il n&rsquo;y a pas encore de &quot;chevalier&quot; dans notre troupe, cela n&eacute;cessite un armement et un &eacute;quipement de tr&egrave;s bonne qualit&eacute; et surtout un&#8230; cheval ! Nous avons deux escyers aux &quot;Lances&quot;, le sire Roul de Kersaliou et le sire Alan de la Soraye </p>
<p>	Le &quot;sergent d&rsquo;arme&quot; est, &agrave; l&rsquo;origine, un proche serviteur d&rsquo;un seigneur. Le &quot;sergent d&rsquo;armes&quot; est en fait un combattant lourd, qui combat m&ecirc;l&eacute; aux nobles. Au XVe si&egrave;cle, le mot &quot;Homme d&rsquo;armes&quot; ( =homme en armure) d&eacute;signe non seulement les escuyers et les chevaliers mais aussi les sergents arm&eacute;s. Bien entendu &quot;sergent d&rsquo;arme&quot; n&rsquo;est pas un grade comme dans l&rsquo;arm&eacute;e actuelle. Il n&rsquo;a pas vocation &agrave; donner des ordres aux autres soldats, on appellera plut&ocirc;t celui qui commande, sorte de sous-officier de l&rsquo;&eacute;poque, un &quot;dizenier&quot;. Nous avons quatre sergents, dont notre &quot;pr&eacute;v&ocirc;t&quot;, Yeunn ar peul, et notre dizenier La Cornouille. </p>
<p>	Le &quot;vougier&quot; ou &quot;juzarmier&quot; est un combattant muni d&rsquo;un &quot;voulge&quot; (anc&ecirc;tre de la hallebarde). Il porte g&eacute;n&eacute;ralement des pi&egrave;ces d&rsquo;armures (gambison, pansi&egrave;re et/ou cote de maille). L&rsquo;un des postes aux entr&eacute;es des places fortes ou simplement du campement est d&rsquo;ailleur celui de &quot;Voulgier du guet&quot; ; Il doit v&eacute;rifier le passage des gens, s&rsquo;assurer qu&rsquo;aucun marchand ne passe de marchandises avari&eacute;es ou de contrebande, etc. Chaque soldat aux &quot;Lances&quot; est &agrave; m&ecirc;me de prendre un voulge et de renforcer la ligne de bataille si les besoins se font sentir. </p>
<p>	L&rsquo;&quot;archier&quot; est un&#8230;archer. Il peut &ecirc;tre plus ou moins arm&eacute; (=prot&eacute;g&#038;eacute<img src="http://img.fiftiz.fr/smileys/icon_wink.gif" alt=";)" /> ou pas du tout. Il est &eacute;quip&eacute; d&rsquo;un grand arc en &quot;D&quot; et d&rsquo;une arme courte pour se d&eacute;fendre. Sur le champ de bataille, les archers se placent en groupe sur le flanc des hommes d&rsquo;armes, pour g&ecirc;ner par leur tir l&rsquo;avance ennemie. Dans la troupe, Denez et Teiz sont archier d&rsquo;ordonnance, Mat-Tre, Louarn sont Francs-archiers. Il est possible aussi de trouver des &quot;arbalestriers&quot;, &eacute;quip&eacute;s souvent plus lourdement et poss&eacute;dant un grand bouclier ou pavois les prot&eacute;geant au moment de recharger. Les arbalestres peuvent &ecirc;tre &eacute;quip&eacute;s de diff&eacute;rents syst&egrave;mes de rechargements (cranequin, &eacute;trier, palan). Le gars Pattern est tout &agrave; la fois notre arbalestrier et notre facteur d&rsquo;arbalestrie. S&rsquo;agissant d&rsquo;armes demandant du s&eacute;rieux, tout &quot;archier&quot; ou &quot;arbalestrier&quot; devra &ecirc;tre accept&eacute; comme tel par l&rsquo;association et montrer qu&rsquo;il sait manipuler son arc ou son arbal&egrave;te avec prudence. </p>
<p>	Le &quot;hacquebutier&quot; manie une &quot;hacquebute&quot; ou &quot;trait &agrave; poudre&quot; ou &quot;couleuvrine &agrave; main&quot;, c&rsquo;est &agrave; dire l&rsquo;anc&ecirc;tre du mousquet. Sur le champ de bataille, les hacquebutiers devaient &eacute;voluer en tirailleurs devant les hommes d&rsquo;armes. Au XIVe si&egrave;cle, ces armes ne pos&egrave;dent pas de syst&egrave;me de mise &agrave; feu propre, si bien qu&rsquo;un &quot;Boute-feu&quot; est n&eacute;cessaire. A la fin du XVe, les &quot;couleuvrines &agrave; main&quot; commencent &agrave; &ecirc;tre &eacute;quip&eacute;es avec des &quot;serpentins&quot; (support mobile pour la m&egrave;che) permettant de tirer seul. Ils sont aussi souvent utilis&eacute;s lors de la d&eacute;fense de places fortes. De la m&ecirc;me fa&ccedil;on que pour les &quot;archiers&quot;, l&rsquo;utilisation de poudre noire demande du s&eacute;rieux et beaucoup d&rsquo;attention. La fonction d&rsquo;&quot;hacquebutiers&quot; doit donc &ecirc;tre accept&eacute;e par l&rsquo;association. Nous avons deux &quot;hacquebutiers&quot;, le maistre artilleur, Pique et La Mariotte. </p>
<p>	Le &quot;bidaut&quot; est un des noms utilis&eacute;s, de mani&egrave;re assez informelle, pour d&eacute;signer des combattants tr&egrave;s l&eacute;gers, munis de javelots ou d&rsquo;une arme quelconque, qui s&rsquo;&eacute;lancent rapidement pour arceler l&rsquo;ennemi ou egorger les bless&eacute;s, puis reviennent vite d&egrave;s qu&rsquo;ils font face &agrave; quelque opposition. Durant la Guerre de Cent Ans, les plus c&eacute;l&egrave;bres sont les &quot;bayounnais&quot; basques et les &quot;coutilliers&quot; gallois mais il est mentionn&eacute; par Froissard l&rsquo;existance d&rsquo;une infanterie l&eacute;g&egrave;re bretonne. </p>
<p>	Au milieu du XVe si&egrave;cle, l&rsquo;arm&eacute;e du duc de Bretagne Piere II comprend plusieurs composantes bien diff&eacute;rentes : le ban, les francs-archers, les compagnies d&rsquo;ordonnance (auquelles sont ratach&eacute;es les &quot;bandes&quot; d&rsquo;artillerie). </p>
<p>	<strong>Le ban</strong> </p>
<p>	Le ban, c&rsquo;est la lev&eacute;e f&eacute;odale traditionnelle, modernis&eacute;e autant que possible. L&rsquo;ordonnance ducale du 7 f&eacute;vrier 1450 (en r&eacute;alit&eacute; 1451) indique que tout possesseur de fief noble doit se pr&eacute;senter, en cas de besoin, avec un nombre de suivants et un &eacute;quipement qui dependent de son revenu. Il n&rsquo;est plus question du titre formel (escuyer ou chevalier ou banneret ou baron, etc), pour l&rsquo;&eacute;quipement seule la richesse compte : </p>
<p>	Les nobles tr&egrave;s pauvres, en dessous de 60 livres de rente, viennent en &quot;habillement d&rsquo;archier&quot; avec &quot;brigandines, bonnes salades, ou &agrave; tout le moins bon paletoques arm&eacute;s de nouvelle fa&ccedil;on, sans manches, &agrave; laisches de fer ou de mailles sur le bras&quot; et avec un arc, ou s&rsquo;ils ne savent pas tirer, avec une &quot;juzarme&quot; (=guisarme voulge) </p>
<p>	de 60 &agrave; &quot;VII.vingt&quot; (140) livres de rente, m&ecirc;me &eacute;quipement, accompagn&eacute; d&rsquo;un &quot;coustilleur et deux bons chevauc comp&eacute;tents&quot;, <br />
	de 140 &agrave; 200 livres de rente, &quot;en estat et appareil d&rsquo;hommes d&rsquo;armes&quot; (en armure), avec un coustilleur et un page, tous mont&eacute;s, <br />
	de 200 &agrave; 300 livres, en armureavec un archer ou juzarmier (voulgier) en brigandine, un coustilleur et un page mont&eacute;s, <br />
	de 300 &agrave; 400 livres, en armure avec un archer, un juzarmier, un coustilleur et un page mont&eacute;s, <br />
	de 400 &agrave; 500 livres, en armure avec trois archers (ou deux archers et un juzarmier), un coustilleur et un page mont&eacute;s, <br />
	de 500 &agrave; 700 livres, en armure avec quatre archers (ou trois archers et un juzarmier),un coustilleur et un page mont&eacute;s, </p>
<p>	<font style="background-color: #ccffcc">A cette &eacute;poque, les nobles n&rsquo;emm&egrave;nent plus des masses de paysans mal arm&eacute;s &agrave; la guerre.</font> </p>
<p>	<strong>Les Francs-archers</strong> </p>
<p>	Les francs-archers sont cr&eacute;es en 1425 par le duc Jean V sur le conseil de son fr&egrave;re Arthur, comte de Richemont, conn&eacute;table de France, qui a s&eacute;journ&eacute; en Angleterre. C&rsquo;est une milice paroissiale : chaque paroisse d&eacute;signe trois hommes, ou davantage (suivant la taille de la paroisse), qui sont exempts d&rsquo;imp&ocirc;t mais qui doivent s&rsquo;entra&icirc;ner r&eacute;guli&egrave;rement et r&eacute;pondre &agrave; toute convocation. Malgr&eacute; le nom de &quot;francs-archers&quot;, ils ne sont pas forc&eacute;ment archers mais doivent (en principe) amener l&rsquo;&eacute;quipement suivant : </p>
<p>	- &quot;Ceulx qui sauront tirer &agrave; l&rsquo;arc, qu&rsquo;ils aint arc, trousse, cappeline, coustille, hache ou mail de plon t soint armez de fors jacques, garnis de laisches, chesnes ou mailles pour couvrir les braz et ceulx qui ne seront tirer de l&rsquo;arc, qu&rsquo;ils soint armez de jacques et aint cappelines, coustilles, haches ou voulges et avecques ce aint paviers de tramble ou autre boais plus convenable qu&rsquo;ils pourront trouver et soint les paviers longs &agrave; couvrir hault et bas.&quot;(20 mars 1425) </p>
<p>	(cappeline = casque ; coustille = &eacute;p&eacute;e ; mail de plon = maillet de plomb ; jacque = cotte gambisonn&eacute;e ; chesne = cha&icirc;ne plate fix&eacute;e le long du bras ; pavier = pavois). </p>
<p>	<strong>Les compaignies d&rsquo;ordonnance</strong> </p>
<p>	On les appelle ainsi car elles sont cr&eacute;es par des &quot;ordonnances&quot; (d&eacute;crets) du souverain. Elles r&eacute;pondent au besoin d&rsquo;avoir une arm&eacute;e permanente et professionnelle. </p>
<p>	L&rsquo;ordonnance fran&ccedil;aise appara&icirc;t en 1445 sur instigation d&rsquo;Arthur de Richemont (encore lui !). En Bretagne, elle appara&icirc;t peu apr&egrave;s, sans doute sur ses conseils ; on ne connait pas la date, probablement avec les r&eacute;formes de 1450-51. La premi&egrave;re trace &eacute;crite date d&rsquo;ao&ucirc;t 1454, o&ugrave; le duc met cent lances &quot;pour la garde du pays&quot; r&eacute;parties en trois villes : Conq, Saint Malo et Brest. En g&eacute;n&eacute;ral, la lance d&rsquo;ordonnance bretonne compte quatre combattants : un homme d&rsquo;armes, un coustillier et deux archers qui se d&eacute;placent tous &agrave; cheval. </p>
<p>	Remarque : le &quot;coustilleur&quot; est fr&eacute;quement mentionn&eacute;, c&rsquo;est tout simplement un combattant muni d&rsquo;une &eacute;p&eacute;e ou &eacute;quivalent ; son r&ocirc;le est ici surtout d&rsquo;accompagner un homme d&rsquo;armes. </p>
<p>	Le terme &quot;archer&quot; finit par d&eacute;signer non seulement les tireurs &agrave; l&rsquo;arc mais aussi les &quot;juzarmiers&quot; (voulgiers) sans doute parce que ceux-ci portent les m&ecirc;mes protections et sont aussi rassembl&eacute;s en grandes unit&eacute;s de pi&eacute;tons sur le champ de bataille (contrairement aux arbal&eacute;triers, qui sont plut&ocirc;t des tirailleurs dispers&eacute;s). </p>
<p>	<strong><em>texte initial &eacute;crit par Huchehault</em></strong>. </p>
<p>	</font></p>
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