La mine d'or de Beaujarret

     
 
Avatar de Beaujarret
À propos
La mine d'or de Beaujarret



Lorsque je surfe sur le Net, je remets en ligne les articles qui m'ont intéressés, sans oublier de faire figurer la source car je pense que ces articles ont le mérite d'être plus facilement trouvés en étant dupliqués, je ne m'en approprie aucun.

Je fais aussi ce travail pour que les curieux en tous genres partagent mes passions et je remercie les auteurs d'accepter cette modeste publicité ; je n'en tire aucun profit si ce n'est la joie de partager la passion d'apprendre.

Si vous estimez qu'un article ou une image vous appartient absolument et que vous ne voulez pas en faire profiter d'autres, laissez-moi un commentaire en ce sens et je m'empresserai de vous satisfaire en mettant l'article hors ligne.

Catégories

= plan de la catégorie

Archives
 
     
     
 

Croisades

a) Sauvagerie et hypocrisie.
b) Pierre L'Hermite.
c) La Croisade des Enfants.
d) Les grands chefs de la première croisade.
e) Les "Miracles".
f) La Croisade contre d'autres Chrétiens.
g) Les Mongols.
h) LE Coupable.
i) La fin des Croisades.

Dimanche 20 Avril 2008

La croisade des enfants (extrait d'un forum)


Pour un éclaircissement rapide, je vous conseille la lecture d'un article de Peter Raeds, paru dans la revue L'Histoire, repris dans Les Croisades (point Seuil), pp 55-71.

En résumé, la croisade des enfants, ou plutôt celle baptisée ainsi, voit le jour en 1212.
Mais P. Raeds précise que " reconstituer les faits n'est pas chose aisée : nos informations sont fragmentaires, et nul n' a été témoin du mouvement de bout en bout. Ce qui n'empêcha pas les imaginations de s'enflammer : dans diverses annales, des petits poèmes de deux ou trois vers (...), qui trouve donc sa place dans les récits populaires. Une renommée somme toute légendaire qui, loin de s'estomper avec le temps, a survécu jusqu'à nos jours"

Il y eut un mouvement populaire certes, parti de la région de Cologne, entre Pâques et Pentecôte.
Leurs motivations sont multiples :
- Volonté de Dieu, (principal motif)voyant l'inefficacité de rois et des princes à reconquérir la Terre Sainte.

-Echapper à la misère, que le contexte économique, avait conduit beaucoup d' entre eux à devenir domestiques sur leurs propres terres des seigneurs locaux, quant, pour les puînés exclus des héritages, ils ne tombaient pas dans la mendicité.

Philippe Auguste, après avoir consulté les maîtres parisiens, décide de renvoyer chez eux les pèlerins , qui lui obéirent.
Aucune source française ne mentionne la "moindre tentative pour se rendre en Terre Sainte et libérer Jérusalem"

Pourtant, la légende se poursuivit, et une quarantaine d'années plus tard, "une nouvelle génération de chroniqueurs rassemble tous les éléments épars pour en faire une histoire cohérente, qui raconte comment, dans la France et l'Allemagne tout entières, des enfants se rassemblèrent autour d'un jeune prophète et se rendirent sous sa conduite en Terre Sainte"

Avec force détails, ils fabriquèrent un conte merveilleux et héroïque, et c'est" sous cette forme que la "Croisade des Enfants" est passé dans notre culture européenne, (...) et qui a inspiré (...) nombre de romans historiques"

La chronique d'Albéric, la plus touchante et la plus souvent utilisée est sujette à caution : " Il n'est pas certain que le passage consacré à la Croisade des Enfants soit de sa plume "
Il y signale un "déplacement des masses des croisés entre Saint-Denis et Marseille. Or aucune chronique, au sud de la Loire, ne fait mention d'un tel déplacement"
Et l'historien précise qu ' un tel mouvement ne pouvait échapper à l'attention des chroniqueurs !
Mais le mieux, c'est que cette légende soit due à une mauvaise traduction et interprétation du mot latin puer. Littéralement, enfant.
Mais, pour faire court, sa signification est plus large dans le contexte de l'époque. G. Duby a précisé qu'il ne renvoie pas " à un groupe d'âge, mais que le terme est utilisé principalement dans les campagnes pour désigner les laboureurs et les ruraux salariés, ainsi que les fils puînés exlus de l'héritage (...), une classe nouvelle donc, composée d'exclus de la révolution économique du XIIè siècle"
Voilà en gros pour la démythification !

--------------------------------------------------------------------------------

Cette croisade aurait eu lieu en 1212, partant de Cologne, sous l'impulsion d'un adolescent nommé Nicolas, et de Cloyes en France (près de Vendome) sous l'impulsion d'un autre adolescent , Etienne.
Ces deux "prédicateurs" auraient assuré à ceux qui les suivaient que la méditerranée s'ouvrirait devant eux à l'image de la mer rouge dans l'épisode biblique .
Certains auteurs contestent le fait qu'il s'agisse d'une croisade d'enfants, estimant que le terme "puer" ne désignait pas nécessairement des enfants, mais pouvait être traduit par "enfants de dieu" ou encore signifier qu'il s'agissait de personnes modestes.

--------------------------------------------------------------------------------

Sauf que cette traduction, semon les médiévistes chevronnés ne tient pas.
Et que cela reste une légende inventée de toute pièce à partir de mouvements poplulaires comme je l' ai dit au-dessus.
La persistance des légendes ne tient bien souvent qu'à notre volonté d'y croire, même si on vous démontre par a+b qu'elles sont sans fondement.
ET la litérrature abondante relaie cette croyance.
Le fait est qu' i l y a toujours un public crédule prêt à croire toutes sortes d' inventions...parce qu'il en a besoin.

-------------------------------------------------------------------------------

Merci pour ces éclaircissement, j'ai encore deux petites questions !
S'il y a eu croisade, est-ce que ce mouvement se rapprocherait plutôt de "la croisade populaire" de Pierre l'Ermite ?
A part les sources citées, n'y a a-t-il pas d'autres mentions d'un tel déplacement en occident ou en Orient ?

--------------------------------------------------------------------------------

Un article avec des ref. pouvant vous apporter quelques précisions:
http://www.persee.fr/showPage.do?zoom=0&urn=bec_0373-6237_1995_num_153_1_376237&pageId=bec_0373-6237_1995_num_153_1_T1_0053_0000

--------------------------------------------------------------------------------

Bonjour,
Je me souviens d'avoir lu un bouquin de Jean Favier sur la croisade des enfants, qui en substance décrit ce que vous relatez tous.
De véritables enfants il y en avait très peu, se furent surtout de pauvres gens, sans doute, sous la pression démographique, génératrice de migrations, qui était très forte dans les régions, précisément, que c'est développer ce nouvel élan pour la croisade. Peut être aussi pour donner une leçon aux nobles qui n'étaient plus très chaud pour l'aventure en Terre Sainte.
L'hostilité des nobles et de l'Eglise, à un phénomène qui leur échappait et dont les motivations étaient aussi vagues que mêlées est certainement la raison principale d'un échec aussi lamentable.
Il faut précisé que la Croisade populaire de 1096 échoua elle aussi, malgré le parallèle avec celle des barons.
On ne doit la confondre avec celle des Pastoureaux en France, qui avait pour base la défaite de Saint Louis en Egypte, si mes souvenirs sont exacts?!

--------------------------------------------------------------------------------

La plus célèbre des croisades populaires fut appelée Croisade des enfants (1212). Elle commença en Ile-de-France, peut-être à Chartres, et gagna le pays rhénan. Les Maures menaçaient alors sérieusement l'Eglise espagnole. Cette crise semble avoir déclenché des processions ecclésiastiques qui cédèrent la place à des processions populaires composées essentiellement de garçons et de fillettes, pâtres et paysannes. Etienne de Cloyes, enfant doué de charisme, les conduisit à Saint-Denis, mais Philippe Auguste leur enjoignit de retourner chez eux. Le mouvement rhénan composé d'adultes et d'enfants commença peu après. Sous l'autorité nominale d'un autre enfant, Nicolas de Cologne, les pélerins, qui arboraient l'insigne des croisés, entreprirent de passer la Méditerranée à pied sec. La plupart de ces exaltés finirent par se fixer dans le Midi de la France ou en Italie. Le mouvement finit donc en une migration paysanne. Désapprouvée par le clergé, la Croisade des enfants devint très vite un mythe, l'histoire d'un désastre ourdi par des musulmans diaboliques.
Source : Gary Dickson, La genèse de la croisade des enfants, 1995.

--------------------------------------------------------------------------------

On ne doit la confondre avec celle des Pastoureaux en France, qui avait pour base la défaite de Saint Louis en Egypte, si mes souvenirs sont exacts?!
De celle-là (et un peu des autres : croisade des Pauvres et croisade des Enfants), nous parlons ici : La croisade des pastoureaux

--------------------------------------------------------------------------------

Cette question a été tranchée par les médiévistes, et a été rangée au rang de mythes, comme je l'ai indiqué rapidement plus haut.
Non pas qu'une tentative de croisade ait eu lieue en 1212, mais qu'il y ait eu méprise, en grande partie,sur la traduction du terme puer.
Par ailleurs, le mouvement populaire qui a donné naissance à ce que l'on a improprement appelé "Croisade des Enfants" trouva son origine dans la région de Köln.

Pour avoir un panorama plus complet que ces quelques lignes imparfaites, voici le lien où l'auteur présente un résumé de son livre, sur le site PERSEE, portail des revues scientifiques en sciences humaines et sociales.

http://www.persee.fr/showPage.do?luceneQuery=%28%2BauthorId%3Aauteur_6380%29+AND+%28indexable_type%3Aarticlepage%3F%29&zoom=0&words=auteur_6380&words=articlepage&urn=bec_0373-6237_1995_num_153_1_376237&pageId=bec_0373-6237_1995_num_153_1_T1_0053_0000

 
     

Retour en haut