La mine d'or de Beaujarret

     
 
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Depuis plusieurs années, je surfe sur le Net et j'ai pris l'habitude de recueillir les articles qui m'ont intéressé. Autant que possible, je les ai sourcés mais quelques-uns peuvent, par omission, ne pas l'être, veuillez m'excuser. J'ai placé ces articles dans des catégories dont le nom peut quelquefois être ambigü.

J'ai fait ce travail pour que les curieux comme moi partagent mes passions. N'hésitez pas à me laisser un commentaire si vous estimez qu'un article ou une photo n'a rien à faire dans ce blog, si vous pouvez m'indiquer son auteur ou si un complément d'information serait judicieux.

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Anecdotes

Une anecdote est une particularité historique, un trait de mœurs ou de caractère, un détail secondaire de l’action, une petite histoire qui se raconte plaisamment et se retient aisément car faisant appel aux sentiments : humour, horreur... et dont la transmission oralement est, en conséquence, aisée.

Ce mot a d’abord été utilisé, dans son sens étymologique originel, comme titre de recueils d’ouvrages publiés pour la première fois : tels sont les Anecdota græca de Muratori, de Bekker, etc., le Thesaurus anecdotorum de Mortara.

L’histoire remplie d’anecdotes pouvait être considérée comme acceptable du moment que l’écrivain n’affichait pas de prétention à l’histoire. Sainte-Beuve, qui peut figurer tant dans l’histoire que la critique littéraire s’est montré, dans ces deux genres, aussi anecdotier que Tallemant des Réaux dont il a pourtant dit « qu’il était né anecdotier, comme La Fontaine était né fablier ».

L’art de raconter une anecdote fait une grande partie du charme de la conversation. Le genre oratoire ne repousse pas non plus l’anecdote qui pique la curiosité et tient les esprits en suspens. La Fontaine a dit à propos d’un orateur athénien, réveillant son auditoire par un récit anecdotique que :
...Si Peau d'Âne m’était conté,
J’y prendrais un plaisir extrême.

L’anecdote a également tenu, à une certaine époque, une grande place dans le journalisme littéraire. Durant le second Empire, lorsque la législation interdisait à la presse à traiter de politique, celle-ci s’y est déguisée sous le nom de « Nouvelles à la main », de « Bruits du jour », de « Chronique », d’« Échos ». Le journalisme anecdotique a le plus de succès dans les contrées où les citoyens peuvent le moins participer à la chose publique.

Tout auteur qui désire faire preuve de rigueur intellectuelle doit trouver une source fiable pour étayer l’anecdote, par exemple le témoignage d’un chroniqueur de la cour pour vérifier l’authenticité d’un propos rapporté d’un grand seigneur. Les chroniques diffèrent surtout de l’histoire par la profusion des détails anecdotiques qui les font glisser dans un fastidieux potin volontiers relevé de scandale. L’historien ne doit ni prodiguer l’anecdote, ni la négliger. Bannir l’anecdote par un sentiment exagéré de la dignité de l’histoire, peut la contenir dans une généralité pompeuse, contraire à l’intelligence des hommes et des temps. Certaines anecdotes comme celle du vase de Soissons éclairent d’un jour très vif les mœurs et les institutions du passé, en apprend très long sur la constitution de l’ancienne société franque, et propose aujourd’hui de nombreuses pistes de réflexion à l’historien des temps mérovingiens.

Mérimée a dit : « Je n’aime, dans l’histoire, que les anecdotes, et parmi les anecdotes je préfère celles où j’imagine trouver une peinture vraie des mœurs et des caractères. » Cette préférence de certains esprits et de certaines époques pour l’anecdote a pourtant eu ses dangers et on peut citer, au nombre des historiens que l’abus des particularités a déconsidérés, Suétone que Voltaire appelait un « anecdotier très suspect ».

L’anecdote n’est pas sans rapport avec l’idée reçue, car elle ne privilégie pas particulièrement la vérité historique (peu de vérification) et est très souvent relatée, par exemple dans les cours d’histoire pour éveiller l’attention.
Exemple : Le roi Henri IV, qui ne pouvait accéder au pouvoir sans se convertir au catholicisme, aurait déclaré : "Paris vaut bien une messe".

Vendredi 12 Février 2010

Une terrible histoire celle des 47 Rônin…


Nous sommes pendant l’hiver de 1702, au pays des hommes jaunes que vous nommez le Japon, et nous en notre temps Cipango. Il fait froid et nuit, mais dans les ténèbres, 47 « Samouraï » fortement armés et en armure se dirigent vers le Château de leur ennemi, dans le but de le prendre. Cette troupe n’est pas nombreuse, 47 hommes, mais quels hommes et de quelle trempe…

Tout a commencé près d’un an auparavant par l’envoi de l’ambassade annuelle que le 113 Mikado Higashiyama (Empereur, Gardien des Traditions) adressait au Shogun Tokugawa Tsunayoshi (Seigneur de la Guerre, grand Général), ambassade devant être reçue suivant les lois de l’honneur.

Le Shogun désigna alors le Jeune Daimyô Asano Naganori pour cette mission de confiance et fort honorable. Le Daimyô voulant bien faire demanda conseil au Samouraï Kira Yoshinaka, Maître de Cérémonie du Shogun et le pria de bien vouloir le conseiller. Pour ce faire, il apporta un présent qui malheureusement ne convint pas à Kira, lequel insulta publiquement Asano, le poussant dans ses derniers retranchements tant et si bien que notre Daimyô blessa Kira de son sabre à la tête et au bras.

Ceci était trop pour la loi du Shogunat, aussi le Shogun condamna le Daimyô à faire amende honorable par son suicide. Ce jugement était inique pour l’époque, car les deux parties auraient du faire l’objet d’un jugement (question d’honneur)

Le Daimyô se suicida donc, ses biens furent confisqués et sa famille traînée dans le déshonneur, perdit tous ses titres. Les Samouraï se trouvant sans maître devinrent des Rônin (errants, sans emploi).

Fortement blessés dans leur fidélité et leur honneur, 47 Rônin sous les ordres de leur chef Oishi, attendirent plusieurs mois le moment favorable se faisant passer pour des hommes déchus et dépravés.

En décembre 1702, nos héros attaquèrent et prirent le château du Maître de Cérémonie Kira, et l’ayant fait prisonnier lui proposèrent une mort dans l’honneur (Voie du Samouraï, ou Bushidô), Kira refusa en tremblant, alors nos Rônin le décapitèrent au sabre, lavèrent sa tête dans le puits du Château et la déposèrent sur la tombe de leur bien aimé Daimyô en signe de fidélité même au-delà de la mort.

Un des 47 se rendit auprès des autres Samouraï du Daimyô et annonça l’accomplissement de la vengeance, tandis que les 46 autres se rendirent au Shogun, lequel malgré une évidente sympathie et le soutien du Peuple, les condamna tous au suicide. Nos guerriers s’exécutèrent de bonne grâce sur la tombe de leur maître bien aimé. Le Messager des 47 fut gracié et à sa mort il rejoignit ses camarades Rônin et son Daimyô.

Il semblerait qu’un des Samouraï n’ayant pas participé à l’expédition se suicida sur la tombe des 47, afin de mourir dans l’honneur. Quant à la famille du Daimyô elle retrouva ses titres et ses biens tandis que celle du Maître de Cérémonie fut spoliée.

De nos jours encore, les tombes du Daimyô et des 47 Rônin font l’objet d’un culte, les Japonais appréciant tout particulièrement l’esprit chevaleresque et la fidélité des Rônin. Plusieurs récits furent tirés de cette histoire, en particulier : « Les 7 Samouraï », et plus tard « les 7 Mercenaires » bien que les évènements ne concordent pas, mais valorisant l’esprit du guerrier fidèle et désintéressé de l’époque. Ce code de l’honneur du Guerrier a hélas été troublé par les agissements durant la guerre avec la Russie, la Chine et la Seconde Guerre Mondiale, où le paroxysme fut atteint avec les attaques Kamikazes, ce qui en rien ne rappelait l’honneur des Rônin : mais qui sommes nous pour juger…

Mardi 13 Mars 2007 Philippe le Templier

 
     

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