
C’est au sommet d’une butte qui domine de 150 mètres la vallée de la CURE, qu’est située VEZELAY.
L’histoire de la Basilique commence vers 858, lorsque le compte Girart DE ROUSSILLON et sa femme Berthe fondent un abbaye de moniales au pied de la colline. Peu après, les moines Bénédictins remplacent les nonnes, puis le Couvent ravagé par les Normands, est abandonné et rebâti au somment de la butte.
De partout, les pèlerins affluent et lorsque VEZELAY devient point de départ pour le pèlerinage de Saint-Jacques de COMPOSTELLE, l’abbatiale se révèle trop petite pour contenir les foules qui s’y pressent. Aussi édifie-t-on un vaste sanctuaire de 1096 à 1104.
A la fin du XIIe siècle, un transept, un chœur et une abside remplacent les anciennes constructions…Mais au XIVe siècle les pèlerins se font rares, les guerres de religion la ruinent.
Elle est vendue comme « bien national » à la Révolution, puis en partie détruite, Prosper MERIMEE charge alors VIOLLET-LR-DUC de la restaurer et, grâce à lui, nous pouvons admirer tel qu’il était au temps de sa splendeur, l’un des plus prestigieux sanctuaires du Moyen Âge.
Vaste vestibule destiné à accueillir les pénitents ou les pèlerins, le NARTHEX est d’amples proportions : c’est une véritable avant-nef ; c’est là que nous pouvons admirer les trois portails en plein centre, richement décorés, auxquels VEZELAY doit une bonne partie de son renom.
LE PORTAIL CENTRAL : est considéré comme le chef d’œuvre de la sculpture romane bourguignonne. Il comporte un trumeau (pilier central) vertical supportant un linteau (longue pièce horizontale), au-dessus duquel se déploie un somptueux tympan en demi-cercle. Sur le linteau sont sculptés une trentaine de personnages : ce sont des chasseurs, des pêcheurs, des paysans, des soldats, des nains, des géants…
LE TYMPAN : Le Christ trône au centre de l’œuvre, immense et triomphant, les bras écartés au-dessus de ses deux apôtres : Saint-Pierre et Saint-Paul. Les autres apôtres sont de tailles plus réduites.
Dans une voussure (arc en demi-cercle) supérieure, huit petites scènes représentent les Apôtres dans l’exercice de leur mission. Ils veulent évangéliser des Arméniens, des Byzantins, des Phrygiens, des Ethiopiens.
La deuxième voussure au-dessus, porte 29 médaillons ronds représentant les travaux des mois et les signes du Zodiaque.
La troisième voussure est une succession de « palmettes » (décoration de feuilles).
Une étude de ce tympan a permis de constater que son dessin était basé sur un triangle équilatéral !
D’après André VOISIN
La Basilique de Vézelay est sans conteste l’une des plus belles de France et probablement l’un des monuments les plus riches et les plus chargés d’émotion ; L’histoire chrétienne des lieux remonte à 861, lorsque les moines bénédictins s’installent au sommet de la colline de Vézelay et que l’un d’entre eux est chargé d’y apporter les reliques de Marie-Madeleine qu’il est allé chercher en Provence. En 878 on y construit un édifice carolingien, où l’abbé Geffroy expose les dites reliques. Les miracles qu’on leur attribue attirent rapidement un flot de malades puis les pèlerins de Compostelle. Mais il faut attendre 1096 pour qu’un abbé du nom d’Artaud entreprenne la construction d’un chœur et d’un transept nouveaux, tandis que seule la nef carolingienne est conservée. Sans doute la charge qui pèse sur les épaules de la population du village est trop important à son goût, car en 1106, dis ans après le début des travaux, elle se révolte et met le malheureux abbé à mort.
Signe de l’importance de ce lieu sacré, c’est là que Saint Bernard de Clairvaux prêche la seconde croisade, là qu’en 1166 l’archevêque de Cantorbéry prononce l’excommunication du roi Henri II d’Angleterre, et c’est encore de Vézelay que le 2 Juillet 1190, l’armée anglo-normande de Richard Cœur de Lion et l’armée française de Philippe Auguste prennent le départ de la 3ème croisade. Sécularisée en 1537, dégradée en 1569 par les Huguenots, rétrogradée au rang de simple Eglise paroissiale en 1790, profanée en 1793 par des hébertistes locaux, la vieille abbatiale n’est plus que l’ombre d’elle-même lorsque, n 1840, l’architecte VIOLLET LE DUC décide d’y entreprendre les travaux de restaurations, après le passage de l’inspecteur des monuments historiques Prosper MERIMEE. En 1920, le bâtiment dédié à Marie-Madeleine est érigé en basilique, cependant que reprennent les pèlerinages. Il faudra encore attendre cinquante-neuf ans pour que cette merveille de l’architecture religieuse soit classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
"Mais n’oublions pas que l’histoire pour être complète doit se rappeler qu’une Chapelle, une Basilique, une Cathédrale ont aussi une âme ..."
Architecture du sanctuaire :
Le statut de l’abbatiale de Vézelay était avant tout celui d’un sanctuaire de pèlerinage. Tout ce qui n’était pas réservé aux moines était destiné au peuple de pélerins, aux vagabonds de l’absolu et des chemins, d’où qu’ils vinssent. Il fallait que cette multitude, où se côtoyaient les princes, les prêtres, les souffrants, les pénitents et les implorants de toute espèce, sur laquelle les réalités spirituelles n’avaient souvent que peu de prise, puissent être saisie par les yeux, l’ouïe et le toucher. En un acte d’une charité infinie, comme le voulait son Maître qui proclamait les Béatitudes aux petits, c’est au peuple des miséreux que s’ouvrait toute grande la basilique abbatiale.
La conception des lieux avait été pensée pour répondre à cette nécessité fonctionnelle. Architecturalement parlant, le sanctuaire se compose d’une nef de dix travées, beaucoup plus larges que longues (édifiées entre 20 et 40), flanquée de bas-côtés qui en portent la largeur totale à 23 mètres. Elle est précédée d’un narthex fermé construit aussitôt après (1140 -1150), long de trois travées, puis coupé par un transept peu saillant. Elle se conclut par un choeur gothique très lumineux de deux travées, édifié entre 1185 et 1215, avec déambulatoire, sur lequel s’ouvrent cinq chapelles semi-circulaires.
La basilique
Pour amplifier la luminosité du choeur gothique, il a été traité avec un calcaire éclatant de blancheur, alors que la nef avait été réalisée en ocre et rose soutenu. A cela s’ajoute l’aternance des des couleurs blanche et ocre des moellons constituant le rouleau intérieur des arcs-doubleaux de la nef. Cela contribue à donner à l’ensemble un aspect féerique, tout en annonçant le mariage entre la nef à dominante rose et le choeur blanc.
La magnificence de la perspective qui a ainsi été créée est telle qu’elle absorbe littéralement le regard de celui qui pénètre dans l’édifice par l’allée centrale. Quand on a franchi le premier seuil et que l’on demeure un instant dans la pénombre du narthex, la surprise est toujours prodigieuse. Au delà du second portail s’ouvre un chemin de lumière, rythmé par les arcades latérales jusqu’au choeur ruisselant de clarté, lieu de la rencontre avec Dieu. Sans chauvinisme, on peut dire que peu d’édifices romans dégagent un pareil charme.
Historique
Les origines :
858 : Fondation d’un monastère de moniales par Girart de Roussillon, à l’emplacement actuel de Saint-Père.
873 : Dévastée par les Normands qui remontent la Seine, l’Yonne et la Cure, l’abbaye est transférée sur la colline
882 : Selon certaines sources, un moine nommé Badilon apporte de Saint-Maximin (Provence) à Vézelay des reliques de Marie-Madeleine.
1027 : Premiers conflits entre les abbés de Vézelay et les comtes de Nevers, jaloux de l’indépendance de l’abbaye.
1098 : L’évêque d’Autun, jaloux lui aussi de l’indépendance de l’abbaye de Vézelay, tente de jeter l’interdit sur les pèlerinages ; l’interdit sera levé par le pape Pascal II en 1103 ; mais Vézelay doit alors reconnaître l’autorité spirituelle de Cluny.
L’apogée :
1104 : Dédicace du chœur roman construit par l’abbé Artaud.
1120 : Début de la construction de la nef actuelle, de la façade vers le chœur de l’abbé Artaud.
1140 : Achèvement de la nef, sous l’abbatiat de Ponce de Montboissier, qui fait élever en avant de celle-ci le narthex, vers 1145-1150.
1146 : Le jour de Pâques, à la demande du pape Eugène III, Saint Bernard prêche la seconde croisade sur le flanc nord-est de la colline
1190 : Construction du chœur et du transept gothiques, sous l’abbatiat de Girard d’Arcy.
1190 : Richard Cœur de Lion et Philippe-Auguste se retrouvent à Vézelay pour partir en croisade (Troisième croisade).
1244 : Pèlerinage de Saint Louis à Vézelay ; il le renouvellera en 1248, 1267, 1270.
1260 : La tour Saint-Michel et le fronton de la façade sont édifiés.
Le déclin :
1279 : La "reconnaissance" des reliques de Marie-Madeleine à Saint-Maximin signe les débuts d’une rapide et profonde décadence des pèlerinages et de l’abbaye de Vézelay.
1537 : Le pape Paul III sécularise l’abbaye : les moines sont remplacés par quinze chanoines séculiers, placés sous l’autorité d’un abbé nommé par le roi.
1569 : Occupation de Vézelay et mise à sac de l’abbaye par les Huguenots.
1760 : À l’abandon, les bâtiments abbatiaux sont partiellement vendus et démolis.
1790 : Le collège de chanoines est supprimé, et l’église, abbatiale puis collégiale, devient paroissiale. Les vestiges restant de l’abbaye sont vendus et rasés.
1793 : Les sculptures extérieures des portails sont martelées.
1819 : Grave incendie dû à la foudre.
Intérieur de la basilique
Le renouveau :
1840 : Eugène Viollet-le-Duc est chargé de vastes travaux de restauration
1870 et 1876 : De nouvelles reliques de Marie-Madeleine sont données à l’église de Vézelay ; renouveau relatif des pèlerinages.
1920 : Le Saint-Siège accorde à l’église le titre de basilique, reconnaissant par là son caractère insigne au sein de l’Église, de la chrétienté et de l’Histoire.
1945-1953 : Retour des moines avec la venue d’une petite équipe de bénédictins de la Pierre-qui-Vire.
1946 : Une "Croisade de la Paix" rassemble 40 000 pèlerins pour commémorer à la fois le huitième centenaire de la prédication de Bernard et la fin de la seconde guerre mondiale.
1953-1993 : Des franciscains succèdent aux moines de la Pierre-qui-Vire.
1979 : La basilique et le site de Vézelay sont inscrits au sein du patrimoine mondial par l’UNESCO.