Mardi 31 Août 2010

Au début du néolithique, l’amélioration de la production agricole a des effets bénéfiques. Dans un premier temps, les conditions de vie s’améliorent et la démographie explose.
Aux alentours de 2 000 ans avant notre ère, cette population est passée à 100 millions alors qu’elle n’était que d’environ 10 millions au début du néolithique.
Ces masses humaines de plus en plus importantes rentrent en concurrence. Poussées par le besoin de protéger leurs biens, des communautés établissent leurs villages sur des hauteurs escarpées ou à l’abri derrière des murailles, comme à Jéricho.
Les conflits territoriaux devaient certainement exister bien avant mais c’est au néolithique que la notion de « guerre » apparaît.
Cette thèse est confirmée par des traces d’incendies violents et de nombreux fragments de squelettes humains qui portent des séquelles de coups et de blessures.
En Languedoc, en France, vers le milieu du IIIe millénaire avant notre ère, les hameaux de la culture de Fontbouisse regroupent plusieurs familles dans de longues maisons de pierre sèche, à l’intérieur d’une grande enceinte basse, flanquée de tours rondes.
La guerre apparaît avec l’instinct de propriété. On a retrouvé des charniers où les hommes sont jetés pêle-mêle, le crâne enfoncé, des pointes de silex enfoncées entre les côtes.
Certains restes humains démontrent que les vainqueurs pratiquaient un cannibalisme rituel. En effet, des restes humains ont été retrouvés mélangés à des aliments dans les ruines calcinées de certains villages fortifiés de l’Hérault ainsi que sur d’autres sites en Europe.
Qui dit guerre, dit guerriers. Apparemment, dès cette époque, les guerriers tendent à dominer ceux qu’ils défendent.
La société devient donc de plus en plus hiérarchisée comme en témoignent les sépultures.
Des tombes beaucoup plus riches sont construites avec d’énormes blocs de pierre. Ces sépultures sont les mégalithes.
Rites funéraires au néolithique
Alors que les néandertaliens déposaient dans une simple fosse le défunt accompagné de quelques offrandes (fleurs par exemple), les sépultures du néolithique témoignent de rapports étroits entre le monde des morts et celui des vivants.
La plupart des défunts sont inhumés mais l’incinération existe aussi.
Les morts sont enterrés en position fœtale, allongés sur le dos. La plupart du temps, les villages se dotent de cimetières.
Vers 3 500 avant notre ère, apparaissent les premières sépultures collectives, probablement familiales, et la hiérarchisation de la société se perpétue dans les tombeaux.
Les tombes des chefs se distinguent des autres par des objets somptueux.
A Varna, en Bulgarie, ces tombes renferment de nombreux bijoux et même de l’or pour les plus riches.
Le culte des crânes est propre au néolithique. Ain Ghazal, en Jordanie, est l’un des plus grands sites néolithiques connus.
Vers 6 000 ans avant notre ère, le village abritait environ 2000 personnes.
On a retrouvé de nombreuses petites figurines d’argile d’animaux, principalement des bovins. Les figurines humaines sont plus rares et toutes, à une exception près, sont décapitées. Elles se présentent sous la forme de corps acéphales ou de têtes seules.
Les morts étaient généralement enterrés sous le sol des maisons. Après une période plus ou moins longue permettant la décomposition, la fosse funéraire était rouverte et on en ôtait le crâne.
Des crânes étaient ré-enterrés ailleurs mais certains recevaient un traitement particulier. Les traits du visage étaient reconstitués à l’aide de plâtre.
Les enfants de moins de 15 mois étaient traités sans égards et étaient jetés pour la plupart sur des décharges.
Certains adultes, environ un tiers des restes funéraires, ont également été retrouvés dans des décharges. Leurs têtes n’avaient pas été décapitées. Celai suggère qu’ils ne bénéficiaient pas du même respect.
Qu’est-ce qu’une ville ?
Certaines agglomérations du néolithique sont très importantes. Cependant, les spécialistes estiment que ce n’est pas le nombre qui fait la ville mais l’organisation de l’espace.
Une ville doit comporter notamment des bâtiments publics, des bâtiments liés au pouvoir, au culte, au commerce ou aux loisirs.
Les villages de Çatal Höyük ou de ‘Ain Ghazal ne répondent pas à cette définition. On ne peut donc pas parler de ville avant la naissance des grandes cités d’Egypte, de Mésopotamie et de la vallée de l’Indus.
V.B (02.11.2007)
Mis en ligne par Beaujarret à 11h44 dans Sociétés - Moeurs
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