
L'Amérique du Nord durant l'antiquité
[Maison d'hiver]
Depuis combien d'années l'homme a-t-il foulé le sol des Amériques ?
Une conception nous dit que les Amérindiens sont venus pendant la dernière glaciation et par le détroit de Bering. ce qui semble dire qu'ils sont venus du même endroit et à peu près à la même époque aux environs de - 12000.
Données du problème:
Les plus anciennes traces laissées par l'homme, retrouvées en Amérique à ce jour, datent d'avant - 30 000 (La grotte de Pendejo au Mexique, Monte Verde au Chili, la grotte de Pedra Furada au Brésil, les foyers de Lewisville au Texas ...).
Le libre passage, à pied, entre la Sibérie et l'Alaska, par le détroit de Bering, pendant les maxima des dernières glaciations est possible entre - 50 000 et - 40 000 d'une part et entre - 25 000 et - 14 000 d'autre part et probablement avant durant les maxima des glaciations précédentes, ce qui explique la présence des animaux du pléistocène.
La diversité des caractères physiques des habitants des Amériques à l'arrivée des Espagnols présage des origines diverses.
En conséquence, il est raisonnable de penser que les courants de peuplement de l'Amérique sont pluriels et commencent vers - 40 000 ou plus tôt. Le plus grand nombre de migrants doit être venu à pied, par le détroit de Bering qui, en période de "basses eaux" glaciaires, relie sur une largeur de plusieurs centaines de kilomètres, l'Asie et l'Amérique du Nord. Ce passage à pied n'est possible qu'au maximum de chaque glaciation, mais même quand le détroit est plein d'eau, la distance minimale est de 90 km avec le groupe d'îles Diomède au milieu. De simples connaissances en navigation permettent de franchir l'obstacle. Les autres migrations viennent, comme la morphologie des peuples rencontrés par les européens à la Renaissance le montre, d'autres horizons et par la navigation océanique.
Les populations de chasseurs sibériens passent volontiers sur le continent américain, en Beringie (partie de l'Alaska et du Yukon sans glace en raison de sa grande aridité) pour se procurer du gibier, même au plus fort des glaciations, le courant marin chaud qui baigne la côte ouest de l'Alaska appelé "courant de l'Alaska", rend la côte et une grande partie de l'Alaska hospitalière. On suppose que ce sont de petits groupes très mobiles de chasseurs de grand gibier qui pénètrent dans la Beringie de façon progressive. Ils sont vêtus de fourrures et campent sous des tentes faites de peaux de caribous et de piquets de bois. Appelons les paléoaméricains, ce sont des homo sapiens. Ils peuvent, pendant les maxima de glaciation, se diriger vers le centre de l'Alaska et ainsi arriver à la haute vallée du Yukon près de l'actuelle frontière du Canada. Et ces paléoaméricains peuvent se nourrir, par exemple de mammouth laineux.
La faune est variée et comprend de grands mammifères carnivores, le mammouth laineux, le tigre à dents de sabre, le chat des cavernes (grand comme un lion), l'ours à face courte et aussi des herbivores, le paresseux géant, le saïga (antilope des steppes), des oiseaux tel le harfang des neiges, des animaux peut être présents depuis la précédente glaciation, il y a 125 000 années. Mais à la vallée du Yukon, les chasseurs se heurtent à d'infranchissables montagnes de glace. Il faut attendre quelques millénaires pour que le temps se réchauffe et qu'un large passage s'ouvre entre les calottes de glace qui constituent respectivement le glacier de Laurentide et celui de la Cordillère, permettant d'atteindre le centre des Etats Unis.
Alors le passage du détroit de Bering est coupé et la mer est de nouveau un obstacle. La pénétration dans le sud de l'Amérique du Nord est aisée, l'isthme de Panama est formé et sa végétation est bien moins luxuriante qu'aujourd'hui. La progression vers l'extrême sud de l'Amérique ne pose pas de problèmes mais ces petits groupes humains avancent lentement. Ces premiers paléoaméricains pratiquent la chasse, la pêche et la cueillette.
Au début du Mésolithique (vers - 10 000 ans), un nouveau groupe humain apparaît, se déplaçant avec les pirogues. Ces paléoaméricains viennent du nord de l'Asie et ont suivi la chaîne des Iles Aléoutiennes. Ils progressent d'abord en "sautant" d'un refuge à l'autre le long de la côte du Pacifique puis sur celle de l'Atlantique. Cette population est spécialisée dans le milieu marin.
Bien entendu, pendant la dernière glaciation, vers -12 000, de nouveaux groupes asiatiques ont franchi le "pont de Bering" pendant que certains animaux comme les chameaux se répandaient en Asie pour la première fois.
Un troisième courant de peuplement venant du Sud Est de l'Asie (Indonésie), arrive par voie maritime. cette culture est néolithique et ces nouveaux venus apportent l'agriculture, la céramique et la pierre polie. C'est probablement cette population qui s'étant répandue dans toute l'Amérique, a diffusé les caractères mongoloïdes rencontrés à l'arrivée des Européens.
Un quatrième groupe aborde depuis la Polynésie, la côte ouest de l'Amérique, au deuxième millénaire. Il s'établit dans les régions andines et au Mexique et apporte des éléments culturels nécessaires à la formation des grands centres de Haute Civilisation.
En outre, la découverte de l'homme de Kennewick et l'analogie entre les pointes de Clovis et celle des hommes du Solutréen laisse penser que des Européens sont venus directement par l'Atlantique vers - 12 000 et se sont répandus dans l'Amérique du Nord.
Peut être d'autres migrations ont contribué à la formation du peuple amérindien, en effet, entre la Sénégambie et la partie la plus occidentale du Brésil, un courant porte facilement les embarcations vers l'Ouest comme l'a expérimenté Pedro Alvares Cabral en 1500.
Les premières civilisations du Paléolithique en Amérique du Nord
Les premiers paléoaméricains ont un outillage très simple, fait en pierre, en os, en peau et autres éléments végétaux. Ainsi leurs armes, utilisées aussi pour la chasse, se composent de haches à manche en bois, enserrant une lame de pierre, d'épieu qu'ils utilisent comme lances ou javelots, des boomerangs et des bolas. De toutes ces armes, les "javelots" se sont diffusés un peu partout avec deux formes, une pointe taillée dans la hampe, inamovible et quelque fois durcie au feu ou une pointe en pierre ou en os, fixée sur la hampe.
Un peu avant - 10 000, les hommes de la civilisation de Clovis sont capables de chasser les mammouths laineux et les mastodontes avec leurs pointes de silex qu'on a retrouvées au Nouveau Mexique. Ces pointes, longues d'environ dix centimètres, sont cannelées et lancéolées. Elles sont fixées à la hampe avec des lanières de peau ou de tendons. On n'a retrouvé que des sites d'abattages de gibier (kill site) mais répartis sur une grande partie des Etats Unis : le Sud, le Centre et l'Est, ainsi que la région des Grands Lacs et dans le sud du Canada. Ces pointes sont encore utilisées au début du grand retrait des glaces en Amérique du Nord, jusqu'en - 8 400. Mais les mammouths et beaucoup d'autres grands mammifères ont disparu.
Vers - 10 000, la civilisation de Folsom, du nom d'une ville du Nouveau Mexique également, pratique la chasse au grand bison, une espèce aujourd'hui disparue. Ils ont développé une pointe de pierre, finement cannelée, plus petite et plus fine que celle de Clovis, mais fort aiguisée qui leur permet de chasser ces grands gibiers avec l'atlatl (propulseur) et de les défendre contre des prédateurs et les charognards. Ces populations travaillent beaucoup l'os et sont capables de placer des barrières pour piéger des groupes de bisons. Ils connaissent probablement les propulseurs pour lancer plus loin et plus précisément leurs sagaies. Ils sont nomades et marchent en suivant le gibier.
Vers - 9000, la pointe australe de l'Amérique du Sud est colonisée.
Ces deux civilisations, Clovis et Folsom, apportent avec ces instruments de nouvelles possibilités d'action sur le milieu :
Ils peuvent à présent découper, perforer, déchirer ou frapper. Ils ont à leur disposition des armes de jet qui facilitent la chasse. De plus, ils entraînent les proies dans des pièges. Au IXème millénaire, les glaciers de l'Amérique du Nord se retirent et les hommes occupent cet espace libéré, ainsi on a retrouvé des pointes datant de - 7500 dans le Nebraska, à Lime Creek. Le mammouth disparaît mais le grand bison permet de nourrir ces habitants dans les grandes plaines, toutefois cette chasse nécessite une grande coopération.
La civilisation des Chasseurs se maintient dans les grandes plaines et dans le Sud des Etats Unis, mais l'extinction des Mammouths et d'autres espèces animales, redonne à la cueillette son rôle de principale source de nourriture. Et par l'observation, ces chasseurs, découvrent une agriculture rudimentaire. Sur le littoral américain, et dans les vallées de grands fleuves comme celle du Mississippi, la pêche et le ramassage de coquillages ont laissé des traces. Plus au Nord, en Nouvelle Angleterre et dans le Sud du Canada, la chasse au grand bison reste l'activité dominante.
Les civilisations du Mésolithique en Amérique du Nord
Dans l'extrême Nord américain, de l'Alaska au Groenland, de nouvelles populations venus de l'Asie arctique, apportent une civilisation mésolithique, ce sont les Paléoesquimaux, en provenance de l'Eurasie, avec leurs embarcations en peau, ils franchissent ainsi le détroit de Behring vers - 6000. Ce sont probablement les premiers hommes qui réussissent à exploiter les mammifères marins sur la banquise. Ils apportent une nouvelle technologie, les microlames, c'est à dire les petites lamelles de pierre obtenues par percussion. Ils sont habitués à chasser les boeufs musqués et les caribous. En plus, ils fabriquent de minuscules lames triangulaires servant de pointes de projectile ce qui constitue la première trace de l'usage de l'arc et de la flèche en Amérique du Nord.
Le Groenland fait partie des territoires exploités par ces nouveaux immigrants. Ils utilisent avec profit leurs légères embarcations en peau qui leur permettent d'aborder le rivage où ils veulent, et ils sont bien plus efficaces que les Amérindiens avec leurs grands bateaux en bois. Cela rappelle la situation à l'Age de bronze en Scandinavie. L'Arctique connaît jusqu'en 2000, un climat bien plus chaud qu'aujourd'hui, mais les Amérindiens ne font que des expéditions de chasse au caribou l'été, ne pouvant passer l'hiver sur place. Ce courant de peuplement est nommé Prédorsétien, il va produire ultérieurement, les Inuits et les Aléoutes. Les Inuits n'ont aucun souci pour vivre au milieu de ces conditions très rudes. En été, ils dorment sous des tentes de peau, et l'hiver, ils construisent leurs maisons avec des fanons de baleine.
Pendant ce temps, dans le Sud Ouest des Etats Unis, apparaît la culture de Cochise, du nom du lac Cochise devenu aujourd'hui un bassin sec désert appelé Willcox Playa. Elle passe par étapes, de la chasse aux mammifères comme le cheval, du 8ème au 5ème millénaire, à la culture d'une variété primitive de maïs du 2ème au 1er millénaire. C'est au Nevada que commence cette culture par l'étape Sulphur-Spring, correspondant à une économie de chasse aux grands mammifères. Mais très tôt, les échanges avec la Mésoamérique provoquent la culture des plantes, un accroissement de la population, l'apparition de la céramique et une sédentarisation significative. Les graines sauvages sont broyées avec des pierres.
Une nouvelle étape dénommée Chiricahua, commence vers - 4000. Elle concerne l'Arizona et l'ouest du Nouveau Mexique. Elle est caractérisée par des pointes avec un grand angle, utilisées à la chasse pour équiper les projectiles. Cependant la collecte de plantes sauvages fournit une part importante de la nourriture. Des traces d'une forme primitive de maïs supposent un début d'agriculture. Cette période se termine vers -1500.
Enfin, la période de San Pedro semble florissante de - 1500 à - 200. La population augmente et vit de façon sédentaire. Certains logements sont ovales et construits sur des fosses de 1,60 mètres de profondeur. Les cultures concernent le maïs et d'autres légumes..
Les civilisations Néolithiques de l'Amérique du Nord
La civilisation des Vanniers (Basket Makers) apparaît vers - 300, dans l'Utah et le Colorado. C'est d'abord la culture des Anasazis (les Anciens en langue navajo). Ils effectuent de superbes travaux de vannerie en l'absence de la céramique qui n'est utilisée que vers l'an 300. Utilisant des coquillages pour transporter leurs vivres, les Anasazis ont enveloppé ces récipients cassants d'un filet de fibres de yucca. Puis en resserrant les mailles de cette enveloppe, ils rendent inutiles les récipients contenus et créent ainsi les paniers.
Ce sont les premiers habitants permanents de la région de canyons appelée Four Corners, dans le bassin de la San Juan, à la réunion des quatre états : Utah, Colorado, Arizona et Nouveau-Mexique. Ils construisent des resserres à maïs, creusées dans le sol et réalisent des pit-house (maisons-fosse) de forme circulaire aux murs de bûches. Ils ont domestiqué des chiens qu'on a retrouvé momifiés.
Puis avec le développement de l'agriculture, à la fin du Ve siècle et au début du VIe siècle, la sédentarisation progresse et l'habitat devient hameau contenant parfois une vingtaine de "maisons". C'est l'époque de l'introduction de l'arc et des flèches qui remplacent le javelot et le propulseur. Les échanges commerciaux sont importants et c'est probablement du Mexique que vient l'acquisition de la poterie. Deux autre cultures proches se développent dans une région voisine proche de l'actuelle frontière entre le Mexique et les Etats Unis.
Il s'agit de la culture Mogollon qui se développe entre le VIe siècle avant notre ère et le XIVe siècle, qui se nourrit danvatage de la chasse que de l'agriculture (haricot, courge) et qui ne maîtrise pas l'irrigation. Leur poterie est rouge ou brune, sans décorations peintes. Leur habitat consiste en des maisons semi-enterrées.
Un autre peuple amérindien vit dans l'Arizona entre le IIIe siècle avant notre ère et 1400 environ. Il s'agit des Hohokam (ceux qui ont disparu), qui pratiquent la culture irriguée. Ils sculptent la pierre et cultivent outre les courges, les haricots et le maïs, le coton, le tabac. On a retrouvé dans les fouilles, des miroirs en pyrite, des clochettes de cuivre et des aras provenant du Mexique. Leur habitat est constitué soit de maisosn enterrées, soit de maisons à plusieurs étages formant des villages entourés de rempart Leur déclin commencé vers le XIIIe siècle s'accélère au milieu du XIVème par des inondations qui bouleversent leur mode de vie.
Au VIIIe siècle, commence la culture Pueblo, mot espagnol signifiant village. La maison-fosse est remplacée par un habitat de surface, ceint de murs de pierre qui va peu à peu comporter un étage supérieur. Les villages sont entourés de palissades puis d'enceintes en pierre. En 1064, le Sunset Crater apparaît à proximité du pueblo Wupatki. La tribu menacée par les coulées de lave et les cendres l'a bandonné peu après. Vers 1200, les habitants se réfugient dans les cavernes au dessus des canyons du Colorado et y restent un peu moins d'un siècle. Ils abandonnent ces villages, attaqués violemment par des pillards, à la fin du XIIIe siècle.
Dans le Nord Est des Etats Unis, entre l'Ohio les grands Lacs et la nouvelle Angleterre, la Woodland culture, ou culture des régions forestières, remplace la culture des Chasseurs à la fin du deuxième millénaire. Depuis le début de ce millénaire, les premiers tertres sont construits et la sédentarisation est effectuée dans la culture Adena qui commence vers - 1200, principalement dans les vallées fluviales de l'Est des Etats Unis, du Kentucky à la Pennsylvanie. Leur environnement est riche en nourriture : poissons, oiseaux, petits mammifères et plantes comestibles. Ils construisent des maisons rectangulaires et recueillent du cuivre et du mica dont ils font le commerce, ils utilisent le tabac depuis - 2000, en particulier pour des rites de purification. Les tombes des personnages importants sont des tertres coniques atteignant parfois une vingtaine de mètres recouvrant le corps incinéré et entourés de palissade. Vers - 300, les Adenas disparaissent soudainement et sont remplacés par les Indiens Hopewell. La culture Hopewell est l'héritière de la culture Adena, mais elle s'étend sur un espace beaucoup plus vaste. Leur implantation va jusqu'au Mississipi et au Missouri. Ils ont assemblé ces tertres et tumulus en des ensembles complexes où ils sont reliés par un réseau de murs. La période suivante voit ces villages fortifiés.
Ces complexes monumentaux atteignent parfois des tailles considérables, ainsi, dans l'Ohio, près de Newark, un complexe monumental mesure 11 km² (11 kilomètres carrés) et comprend un tertre figurant une tête d'oiseau de 360 mètres de diamètre. D'autres formes animales se retrouvent parmi les grands tertres, ainsi un alligator ou un serpent. Ces travaux ont un double rôle : religieux et astronomique.
Les Indiens Hopewell commercent sur de longues distances et probablement avec les Aztèques. Ils sont situés près d'un véritable carrefour commercial. Près des Grands Lacs, ils commercent avec les tribus du Lac Supérieur qui exploitent le cuivre, vers le sud, le bassin de l'Ohio mène aux Appalaches où le mica est abondant et au sud ouest, l'Ohio se jetant dans le Mississipi, les tribus du sud fournissent des coquillages, des peaux de requins et des dents d'alligator. A l'ouest, par le Missouri, ils commercent avec des tribus qui fournissent l'obsidienne utilisée pour les pointes de lance et les dents de grizzli qui composent des colliers. Le maïs devient prépondérant dans la production agricole vers l'an 500. La population délaisse le commerce et s'investit davantage vers l'agriculture, elle augmente et se rassemble autour des tumulus en véritables villes aux maisons recouvertes de chaume.
Vers le Xe siècle, ces populations prospères vivent dans de petites cités fortifiées où les édifices "publics" sont construits au sommet de tertres de terre battue. Cette société est très hiérarchisée, avec le peuple à l'extérieur de la palissade, et les artisans, les "experts" en agriculture et les commerçants regroupés avec l'élite à l'intérieur. Le site de Cahokia (dans l'Illinois) a nourri 30 000 habitants.
Cette cité est en relation commerciale avec les Grands Lacs au nord et le Golfe du Mexique au sud. Elle est abandonnée vers 1400 pour des raisons inconnues. Pratiquement toutes les civilisations "avancées" ont disparu avant l'arrivée des Espagnols.
Dans les régions arctiques, la culture Dorsétienne qui traverse la Beringie vers - 2000, occupe une grande partie du Canada et commencent la colonisation du Groenland vers - 800. Ils y seront encore quand les Vikings s'installeront au Xe siècle. Ces chasseurs délaissent les caribous pour se concentrer sur la chasse aux mammifères marins et en particulier les phoques. Par conséquent, ils abandonnent les territoires de chasse de l'intérieur du Canada et de l'Alaska. Ils vivent en petits groupes mobiles de la taille de quelques familles. Mais ils font des échanges, à longues distances, en particulier de pierres utilisées dans la fabrication des outils. Cette civilisation disparaît en Amérique du Nord, à l'arrivée des Thuléens qui viennent de Beringie vers l'an 1000. Ce sont des Néoesquimaux qui apportent de nouveaux outils, par exemple le harpon à flotteur et le kayak, fait avec des peaux cousues et utilisé par un seul pagayeur, ils ont développé de nouvelles technologies durant leur séjour en Alaska. Pour chasser la baleine à plusieurs chasseurs, c'est l'oumiak qui est utilisé, c'est une barque non pontée, avançant à la voile et à la pagaie. Cette chasse à la baleine est une nouveauté, de même l'utilisation des chiens de traîneau.
Ces Thuléens migrent vers le Groenland au XIIIe siècle. Ils vivent de la chasse aux mammifères marins pendant l'hiver avec des harpons àpointes d'ivoire et ils chassent l'étédes animaux terrestres avec des armes dont les pointes sont en andouiller. Elle atteint le nord du Groenland et va lutter contre les installations des Vikings dans cette île jusqu'àla cessation de tout contact avec la Scandinavie au XVe siècle. Ce sont eux qui voient arriver d'autres Vikings, dirigés par Leif Erikson, venus explorer les côtes atlantiques du Canada. Les Vikings les appellent Skraelings du mot norrois qui signifie maigre, mais leurs diverses tentatives d'installation se heurtent àleur opposition farouche. Même repoussés, les Skraelings causent de tels dommages aux Vikings que ceux ci s'en retournent au Groenland.